94.21 F
Kinshasa
16 juillet, 2026 - 13:41:43
Image default
Flash InfosLa uneSociété

Semaine de l’Énergie 2025 : la RDC franchit un cap vers l’électrification de masse

À l’ouverture de la 2ᵉ édition de la Semaine de l’Énergie à Kinshasa, la SNEL a dressé un tableau sans détour : 3 milliards USD de dettes, une capacité livrée divisée par deux, mais aussi des avancées concrètes avec 100 000 nouveaux clients, une digitalisation accélérée et des investissements ruraux. Face à l’urgence d’électrifier la RDC, le message est clair : la souveraineté énergétique est le socle de toute ambition économique.

La deuxième édition de la Semaine de l’Énergie s’est ouverte mardi 24 juin à Kinshasa dans un climat mêlé d’optimisme, de revendications et de lucidité. Porté par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), le forum réunit jusqu’au 26 juin les principaux acteurs du secteur autour d’un thème stratégique : renforcer la dynamique collective face aux défis et perspectives de l’énergie en République démocratique du Congo.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la directrice générale de l’ARE, Mme Sandra Mubenga, a dévoilé les grandes tendances du secteur à travers la présentation du rapport annuel 2024. Il en ressort une progression notable de l’électrification nationale. En basse tension, 1.496.292 clients sont désormais desservis en électricité, soit 38,9 % de plus qu’en 2020. En moyenne tension, 2.403 clients ont été recensés, contre 78 clients en haute tension, un segment qui a connu une augmentation de 27,9 % en quatre ans.

Si ces chiffres témoignent d’un certain dynamisme, la réalité du terrain reste contrastée. Le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL SA), Fabrice Lusinde, a livré un constat sans fard sur les contraintes majeures qui freinent la performance de l’opérateur public.

Une entreprise en déséquilibre financier

Malgré des efforts visibles, la SNEL peine à équilibrer ses comptes. En 2024, l’entreprise a versé 100,3 millions de dollars au Trésor public, contre 70,8 millions en 2023. Mais en retour, elle cumulait 278 millions USD de créances impayées par l’État, 70 millions par les entreprises publiques et 60 millions par les entités provinciales.

Au total, plus de 30 % de l’énergie produite serait consommée sans aucune compensation financière. « Nous travaillons, nous versons, mais nous ne sommes pas protégés », a déploré M. Lusinde, pointant le rôle trop passif de l’autorité de régulation en matière de recouvrement.
Autre paradoxe : la SNEL a contracté une obligation de fourniture de 2 200 MW, mais n’en produit que 1 100 MW, révélant un déficit structurel de production qui mine sa crédibilité commerciale, notamment auprès du secteur minier.

Des avancées tangibles mais insuffisantes

La SNEL ne manque pourtant pas de résultats à faire valoir. En deux ans, 100 000 nouveaux clients ont été connectés, impactant indirectement près de 1 million de personnes. L’entreprise a également recruté 927 techniciens, supprimé la facturation forfaitaire, et lancé plusieurs outils numériques (SNEL & Moi, SNELBOX, Blue Energy) pour moderniser ses services.

La collecte des taxes d’éclairage public s’est améliorée de manière spectaculaire : 6,8 milliards CDF à Kinshasa ; 7,1 milliards CDF à Lubumbashi ; 15,9 milliards CDF à Kolwezi.
En matière d’investissement, 14,1 millions USD ont été injectés dans l’électrification rurale.

Sur le plan des infrastructures, la société a lancé ou réhabilité plusieurs sites majeurs : Production : Inga 2 G23 (+40 MW), Nseke G2 (+65 MW), Inga 1 G16 (+55 MW), Tshopo G1 (+6 MW), Inga 2 G25 (+190 MW) ; Transport : capacité de la ligne Inga–Kolwezi portée à 800 MW, mise en service de nouvelles lignes entre Kibula et Kamina ; Distribution : amélioration de la desserte à Mbuji-Mayi, Kisangani, Kolwezi et Katogota ; 60 nouvelles cabines installées à Kinshasa nord ; modernisation des postes Funa et Liminga.

Une pression sociale et des urgences réglementaires

Le tableau n’est pas exempt de fragilités internes. La SNEL fait face à la pression de 15 000 journaliers non régularisés et à une suradministration : 1 cadre pour 3 agents. S’y ajoutent les empiètements anarchiques sur les installations, liés à une urbanisation incontrôlée.

Le régime juridique des contrats d’électricité, notamment avec les miniers, reste flou et déséquilibré. Le DG Lusinde plaide pour leur révision urgente, tout comme pour une clarification du régime d’importation d’électricité, encore peu encadré.

L’ARE, par la voix de Mme Mubenga et de son adjoint Marc Kuyu, s’est dite déterminée à garantir un marché stable, équitable et orienté vers la durabilité, en renforçant l’arsenal juridique et réglementaire à disposition.

L’électricité, socle d’un modèle de développement

Pour M. Lusinde, l’électrification du pays ne peut attendre. Elle constitue la condition préalable à toute ambition industrielle. La dépendance actuelle au bois énergie, qui coûte près de 4 milliards USD par an et touche 95 % du secteur informel, est jugée insoutenable.
Il appelle à un plan massif d’investissement : 400 millions USD pour former les compétences locales ; 600 millions USD pour exploiter le potentiel hydroélectrique du bassin du Congo.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus