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13 décembre, 2025 - 14:17:25
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RDC–Japon : une joint-venture signée à Osaka pour l’exploitation du manganèse au Kongo Central

En pariant sur le manganèse du Kongo Central pour sceller une alliance stratégique avec Tokyo, la RDC change d’échelle. À Osaka, sous l’impulsion directe de Judith Suminwa, le pays a signé bien plus qu’un contrat : un acte fondateur d’un nouveau cycle économique et diplomatique. KIVUVU, « espoir » en kikongo, incarne une ambition claire — faire des ressources congolaises un levier de souveraineté, de transformation locale et de paix durable. Dans un monde en transition, Kinshasa affirme sa place : celle d’une nation qui ne se contente plus d’être courtisée, mais qui choisit ses partenaires et trace sa voie.

Le pari est ambitieux, l’alliance prometteuse. En marge de l’Exposition universelle d’Osaka, la République démocratique du Congo et le Japon ont scellé un partenariat économique d’envergure dans le secteur minier. Sous la supervision directe de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la société congolaise Kerith Resources Ltd. et la japonaise Asia Mineral Limited (AML) ont signé un mémorandum d’entente pour la création d’une joint-venture dédiée à l’exploitation du manganèse dans le Kongo Central. Nom de baptême du projet : KIVUVU, « espoir » en kikongo.

Cette nouvelle entreprise, enregistrée de droit congolais sous l’appellation KIVUVU Kongo Mines, prévoit une production annuelle de deux millions de tonnes et la création de 2 500 emplois directs, dans une région souvent oubliée des grands investissements. Pour Judith Suminwa, ce partenariat est bien plus qu’un simple contrat : c’est un symbole d’une coopération redynamisée avec le Japon, à même de porter le développement congolais au-delà des ambitions proclamées.

« Notre coopération avec l’Empire nippon repose sur une volonté commune de bâtir des partenariats public-privé ambitieux et durables », a déclaré la cheffe du Gouvernement, dans une salle comble réunissant décideurs politiques, investisseurs privés et institutions financières.

Un projet structurant, un signal fort

L’initiative est née de longs mois de discussions, dont le forum RDC–Japon d’Osaka a marqué l’aboutissement. Pour Felly Samuna, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Kongo Central, cette avancée concrète est aussi le fruit d’un engagement politique fort :

« C’est l’implication personnelle de la Première ministre qui a convaincu la partie japonaise. Le projet KIVUVU va changer le visage économique de notre province. »

Avec 40 % des parts détenues par la partie congolaise, la joint-venture s’inscrit dans une logique de souveraineté économique assumée. Une série de consultations communautaires est prévue dès l’enregistrement de la société au registre du commerce du Kongo Central. Objectif : garantir une appropriation locale et prévenir les tensions sociales récurrentes autour des projets miniers.

Une vision 2050 pour transformer la RDC

Judith Suminwa n’a pas seulement signé. Elle a aussi défini l’horizon. Son allocution à Osaka a décliné une trajectoire claire : d’ici 2050, les secteurs extractif, agricole et énergétique seront les piliers d’une économie congolaise diversifiée et inclusive, au service de la paix et de la prospérité. « Les partenariats que nous nouons aujourd’hui sont les fondations d’un futur stable. La pauvreté reculera là où la transformation industrielle et l’emploi avanceront », a-t-elle martelé.

Paix, économie et diplomatie régionale

Dans une tonalité plus géopolitique, la Première ministre a tenu à saluer l’initiative diplomatique soutenue par le président américain Donald Trump en faveur de la paix dans l’Est congolais, théâtre d’un conflit meurtrier depuis plus d’une décennie. Une manière de rappeler que le climat des affaires ne prospère que dans un environnement stable. « Cet accord, à l’aube du 65 anniversaire de notre indépendance, marque une nouvelle ère pour la région des Grands Lacs et la RDC en particulier. »

La culture comme levier d’influence

Fait rare dans un forum économique : une large place a été accordée à la culture. Sous l’impulsion de la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, les invités japonais ont pu découvrir la richesse du patrimoine congolais. Ce clin d’œil au soft power s’inscrit dans le quatrième pilier du programme du Gouvernement Suminwa, consacré à la revalorisation de l’identité nationale par les arts.

Ce moment de diplomatie économique s’est conclu par une visite de Judith Suminwa au pavillon de la RDC à l’Expo universelle. Là encore, la culture y était célébrée, à parts égales avec l’innovation.

À Osaka, la RDC n’a pas seulement tendu la main aux investisseurs : elle a proposé une vision. Résolument tournée vers l’avenir.

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