En lançant le « Crédit Bonobo », le président Félix Tshisekedi propulse la RDC à l’avant-garde des solutions écologiques du XXIe siècle. Alliant audace politique, innovation financière et engagement communautaire, cette initiative inédite transforme la biodiversité en levier de développement durable et de souveraineté climatique. Dans un monde en quête de nouveaux équilibres, Kinshasa ne veut plus subir : elle entend désormais peser.
Le président Félix Tshisekedi a donné, samedi 5 juillet à Kinshasa, le coup d’envoi officiel de la Table ronde sur le Crédit Bonobo, un mécanisme novateur de financement adossé à la biodiversité congolaise. Au croisement des enjeux écologiques mondiaux et des urgences sociales locales, cette initiative entend propulser la République démocratique du Congo au rang de leader planétaire dans la valorisation des écosystèmes tropicaux.
« Une initiative visionnaire et inédite », a salué le Chef de l’État dans son discours inaugural. Le Crédit Bonobo, a-t-il poursuivi, incarne « l’ambition de préserver durablement notre patrimoine naturel tout en améliorant les conditions de vie de millions de nos concitoyens engagés dans la conservation de la biodiversité ».
Vers une bourse mondiale de la biodiversité ?
Fruit d’un partenariat entre les ministères congolais de l’Environnement, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et la Fondation du Zoo d’Anvers (AZF), la Table ronde se tient en deux temps : les 5 et 6 juillet à Kinshasa, avant de se poursuivre à Anvers, en Belgique, du 7 au 8 juillet. Objectif : jeter les bases d’un plaidoyer international structuré en faveur d’un « crédit biodiversité » indexé sur la protection d’espèces emblématiques menacées, comme le bonobo, l’okapi ou le gorille de montagne.
« Chaque espèce de notre mégafaune est un actif de haute valeur pour l’humanité. À ce titre, elle mérite une reconnaissance financière et juridique », a défendu le président congolais, posant ainsi les fondements d’un marché naissant où la biodiversité devient une ressource économique.
Un outil pour le Bassin du Congo et ses peuples
À l’instar des crédits carbone, ces crédits biodiversité pourraient permettre aux États du Sud, riches en forêts primaires, de monétiser leurs efforts de conservation. Un défi crucial pour la RDC, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie.
Pour le directeur général de l’ICCN, cette table ronde est « une opportunité stratégique pour renforcer les mécanismes de paiement des services environnementaux rendus par le Bassin du Congo ». Une perspective soutenue de longue date par les communautés locales et les peuples autochtones, souvent en première ligne de la défense des écosystèmes.
Le Couloir Vert, colonne vertébrale du projet
Cette dynamique s’inscrit dans un cadre plus large : l’initiative présidentielle de création du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, une aire de conservation pionnière s’étendant sur 544 000 km². Elle ambitionne de protéger plus de 100 000 km² de forêts primaires, véritables sanctuaires de biodiversité et puits de carbone essentiels à l’équilibre climatique mondial.
Déjà, l’AZF et l’ICCN collaborent dans la réserve à faune de Lomako-Yokokala (Tshuapa), où des bonobos sont en phase d’habituation, préparant le terrain à une gestion plus participative des ressources naturelles.
Avec le lancement du Crédit Bonobo, Kinshasa entend peser davantage dans les négociations internationales sur la biodiversité et le climat. La RDC se positionne non plus comme simple victime du changement climatique, mais comme puissance écologique active.
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