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13 mai, 2026 - 07:15:30
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Terreur ethnique à ciel ouvert au Nord-Kivu, Tongo, Bambo, Gihondo : le M23/AFC et l’armée rwandaise rasent des villages dans le sang et la cendre

Dans l’est de la RDC, la stratégie de feu et de déportation menée par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC prend les traits d’une épuration ethnique à ciel ouvert. Plus de 1000 maisons ont été réduites en cendres depuis le début du mois de juin, rien que dans la chefferie de Bwito, selon la société civile locale citée par l’Agence Congolaise de Presse (ACP). Ce bilan donne la mesure d’une campagne méthodique de destruction, d’intimidation et de nettoyage ethnique, visant principalement les populations hutu congolaises, systématiquement assimilées — à tort — aux FDLR, et déportées de force vers le Rwanda. Ce n’est plus une guerre, c’est une méthode : nettoyer, terroriser, déposséder. À ce stade, ne pas qualifier ces actes revient à les couvrir. Il est temps de les nommer pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, et peut-être davantage encore. Les réalités militaires évolueront peut-être. Mais aucune paix véritable ne naîtra de l’oubli ni de la peur. Ce qui se joue à Bwito est plus qu’un conflit armé : c’est une fracture morale. Les flammes de Bwito appellent la justice. Et l’Histoire retiendra ceux qui ont regardé ailleurs.

Par une stratégie de la terre brûlée aux relents ethniques, les forces rwandaises et leurs supplétifs du M23/AFC imposent une politique de dévastation systématique dans l’est de la République démocratique du Congo.

Depuis le début du mois de juin 2025, plus de 1000 maisons ont été incendiées dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, par les troupes de l’armée rwandaise (RDF) et leurs supplétifs du M23/AFC. Le chiffre, communiqué lundi 7 juillet à l’Agence congolaise de presse (ACP) par un membre de la société civile locale, donne la mesure d’une campagne méthodique de destruction et d’intimidation menée contre les populations civiles, principalement les Hutus congolais, désormais considérés à tort comme des ennemis à abattre.

« Depuis juin 2025, dans les groupements de Tongo, Bambo, Bishusha et Gihondo, l’armée rwandaise RDF a incendié plus de 1000 maisons. Les RDF considèrent tous les Hutus congolais comme des FDLR et les déportent de force vers le Rwanda. La majorité des villages concernés sont habités par des Hutus congolais », a déclaré Aimé Mukanda, défenseur des droits humains dans l’Est de la RDC.

Une stratégie d’épuration silencieuse

Derrière cette violence à grande échelle, les acteurs locaux décrivent une stratégie d’épuration ethnique rampante qui ne dit pas son nom. Sous prétexte de traquer les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), les soldats rwandais et leurs alliés du M23/AFC s’emploient à vider les villages hutu congolais, les raser par le feu, puis déporter les populations survivantes de l’autre côté de la frontière. Une opération d’une brutalité inouïe, dont les mécanismes rappellent les heures les plus sombres de la région des Grands Lacs.

Les témoignages recueillis sur le terrain parlent d’hommes ligotés et embarqués de force vers le Rwanda, de femmes et d’enfants errant dans la brousse sans abri, et de vieillards brûlés vifs dans leurs huttes. « C’est une punition collective d’une violence insupportable », commente un responsable local, sous anonymat. « On ne peut pas rester silencieux face à ça. »

L’obsession sécuritaire comme couverture

Depuis des mois, Kigali justifie son implication en territoire congolais par la nécessité d’endiguer la menace des FDLR, anciens rebelles hutus rwandais. Mais cette rationalisation sécuritaire ne tient plus face aux réalités du terrain : ce ne sont pas des miliciens en armes, mais des paysans congolais, leurs familles et leurs villages qui paient le prix de cette guerre importée.

Les attaques ciblées contre les communautés hutu congolaises ne relèvent plus d’un combat contre le « terrorisme », mais bien d’une logique d’instrumentalisation ethnique aux fins de contrôle territorial. À travers ses supplétifs du M23/AFC, le Rwanda redessine par la violence une carte ethno-stratégique de l’est congolais, provoquant de nouvelles vagues de déplacements massifs, des traumatismes collectifs durables et une polarisation intercommunautaire aux conséquences explosives.
À Kinshasa, les autorités congolaises dénoncent depuis des mois ce qu’elles appellent une occupation étrangère déguisée.

Un devoir d’alerte

Face à la terreur que fait régner l’armée rwandaise et le M23/AFC dans le Nord-Kivu, le devoir d’alerte est moral et politique. Le silence n’est plus une option. Il revient à la communauté nationale et internationale de se saisir de l’ampleur des crimes commis, de les qualifier pour ce qu’ils sont – des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, et peut-être plus – et de faire cesser une impunité qui, si elle perdure, condamnera toute perspective de paix durable dans la région. Bwito brûle. Et le monde ne devrait pas regarder ailleurs.

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