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13 mai, 2026 - 09:16:53
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Ce vendredi à la Haute Cour militaire, début du procès de l’ancien président Joseph Kabila

Jamais la République démocratique du Congo n’avait connu tel séisme : Joseph Kabila, au pouvoir de 2001 à 2019, se retrouve sur le banc des accusés pour haute trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Une disgrâce spectaculaire pour celui que l’opinion soupçonne désormais d’avoir franchi la ligne rouge : pactiser avec Kigali et ses supplétifs, après un séjour pour le moins scandaleux à Goma, sous contrôle direct de l’armée rwandaise.

Ce vendredi 25 juillet, la Haute Cour militaire de Kinshasa ouvre une audience qui marquera l’histoire politique de la République démocratique du Congo (RDC) : l’ancien président Joseph Kabila Kabange, au pouvoir de 2001 à 2019, est appelé à la barre. L’ex-chef de l’État, devenu sénateur à vie, répondra de charges accablantes : haute trahison, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et participation à un mouvement insurrectionnel.

Ce procès intervient à l’issue d’une bataille institutionnelle sans précédent. Après des semaines de tractations, le Sénat congolais a levé, le 22 mai, l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, ouvrant la voie à une procédure pénale inédite contre celui qui fut longtemps considéré comme intouchable.

Un basculement politique majeur

La décision du parquet général militaire de poursuivre l’ancien président témoigne d’un basculement dans la culture de l’impunité qui a longtemps caractérisé la vie publique congolaise. Jamais, depuis l’indépendance, un chef d’État congolais n’avait été appelé à répondre de crimes présumés aussi graves devant la justice nationale.

Selon la notification de la Haute Cour militaire publiée jeudi 24 juillet, l’ancien président « devra comparaître pour répondre des faits mis à sa charge », des faits que l’accusation qualifie de « crimes d’une gravité exceptionnelle », notamment le soutien présumé à des groupes armés actifs dans l’Est du pays.

Des accusations explosives

Les charges retenues contre Joseph Kabila font écho aux rapports successifs des organisations internationales sur les violences qui ravagent le Nord-Kivu et l’Ituri depuis plus d’une décennie. L’auditeur général des FARDC accuse l’ancien président d’avoir entretenu, voire instrumentalisé, certains mouvements rebelles, en violation flagrante de la Constitution et des engagements internationaux du pays.
Pour l’opinion publique, cette comparution revêt une dimension symbolique : l’icône d’un régime qui a bâti sa survie sur des alliances opaques dans l’Est du pays est désormais confrontée à ses propres zones d’ombre.

Une affaire à haut risque pour Kinshasa

Ce procès, qualifié déjà de « Nuremberg congolais » par certains militants pro-réformes, s’annonce explosif. À Kinshasa comme à Lubumbashi, les soutiens de Joseph Kabila, regroupés au sein du Front commun pour le Congo (FCC), dénoncent une « chasse aux sorcières » orchestrée par le pouvoir actuel. De son côté, le gouvernement assure vouloir « consacrer l’État de droit », dans la droite ligne des promesses faites par le président Félix Tshisekedi depuis 2019.
L’ancien ministre de la justice, Constant Mutamba, avait annoncé dès juin que « l’heure de vérité » allait sonner pour l’ancien chef de l’État.

Un verdict attendu par une nation meurtrie

Pour les Congolais, ce procès pourrait constituer un tournant : celui de la fin de l’impunité des élites politiques. Mais il pourrait aussi rouvrir des plaies encore béantes dans un pays où la guerre dans l’Est a coûté, selon les estimations, plus de six millions de vies depuis 1998.

Retour sous les ombres : l’ancien président dans le bastion rebelle

L’image a fait l’effet d’une bombe dans l’opinion congolaise : Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), a séjourné depuis avril à Goma, capitale du Nord-Kivu. Une ville pourtant sous occupation partielle des forces rwandaises et de leurs alliés du M23/AFC. Pour beaucoup, ce déplacement avait sonné comme un aveu implicite de connivence, un geste lourd de symboles qui interroge l’histoire récente du pays.

Selon des sources concordantes, l’ex-chef d’État aurait transité par Kigali, avant de rejoindre le bastion rebelle. Ce choix, en lui-même, fait scandale. Comment comprendre qu’un ancien président, censé incarner l’unité nationale, passe par la capitale d’un pays accusé d’agression armée contre la RDC ? Pourquoi se rendre dans une zone que Kinshasa qualifie officiellement de « territoire occupé » ?

Un symbole lourd et dérangeant

Pour l’opinion congolaise, ce retour a ressemblé à une trahison. Celui qui, entre 2006 et 2018, s’était posé en « chef de guerre » contre les rébellions pro-rwandaises, apparaît désormais dans un espace contrôlé par les mêmes forces qu’il prétendait combattre. Une paradoxale proximité qui alimente les soupçons : Joseph Kabila serait-il devenu le maillon invisible d’un projet de déstabilisation nationale ?

Une accusation qui prend corps

Les critiques se sont multipliées. Des analystes rappellent que l’AFC/M23 bénéficie d’un soutien logistique massif de Kigali, documenté par plusieurs rapports onusiens. Venir à Goma aujourd’hui, c’est entrer dans la maison du Rwanda. Dans ce contexte, la présence de Kabila n’est pas neutre : elle accrédite l’idée d’une collusion active ou tacite avec ceux qui font couler le sang à l’Est.

Certains y voient le prolongement d’un système. Sous la présidence Kabila, des pans entiers de l’économie minière avaient déjà été inféodés à des réseaux opaques, souvent liés aux circuits transfrontaliers. Aujourd’hui, son installation à Goma résonne comme un retour à la case départ : un ancien président réapparaissant au cœur du chaos qu’il n’a jamais su – ou voulu – éteindre.

Infos27

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