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22 mai, 2026 - 14:00:22
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À l’UNISIC, Patrick Muyaya exhorte la jeunesse à devenir sentinelle du récit national pour une paix durable

Face aux défis complexes d’une guerre multiforme qui menace la souveraineté nationale, la jeunesse congolaise est appelée à s’approprier pleinement le récit historique et politique de la RDC pour en devenir la principale actrice. Lors d’une conférence-débat à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication, Patrick Muyaya, ministre de la Communication, et Noëlla Ayeganagato, ministre de la Jeunesse, ont souligné l’importance cruciale de cette génération montante dans la construction d’une paix juste et durable. En dénonçant les stratégies d’ingérence extérieure, notamment celles du Rwanda, et en mettant en lumière la détermination du président Félix Tshisekedi à rompre avec les compromis du passé, ces membres du gouvernement ont lancé un vibrant appel à une mobilisation collective fondée sur la vérité, la justice et les valeurs républicaines. Cette prise de conscience renouvelée offre un espoir concret pour la stabilisation et la prospérité futures de la nation.

Jeudi 31 juillet 2025, l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) de Kinshasa a accueilli une conférence-débat particulièrement éclairante sur les enjeux cruciaux de la pacification en République démocratique du Congo (RDC). Placée sous le thème « Au cœur du processus de pacification de la RDC : appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable », la rencontre a rassemblé deux personnalités gouvernementales : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et Noëlla Ayeganagato, ministre de la Jeunesse.

L’événement s’est voulu un appel vibrant à la jeunesse congolaise, future génération de leaders, journalistes et communicants, afin qu’elle s’empare de la mémoire collective et du récit national pour mieux défendre la souveraineté du pays face à une guerre aux multiples facettes.

Une guerre imposée, une souveraineté bafouée

Patrick Muyaya a dressé un tableau précis et sans concession du conflit qui ravage l’Est de la RDC depuis des décennies. Il a dénoncé avec force les tentatives extérieures de déstabilisation orchestrées notamment par le Rwanda, « pour des raisons géostratégiques et économiques ». Selon lui, la guerre ne se limite plus au seul champ militaire mais s’étend aux fronts médiatique, diplomatique et économique.

« Nous avons compris la stratégie de l’adversaire. Voilà pourquoi aujourd’hui, nous menons une guerre sur plusieurs fronts : militaire, médiatique, diplomatique et même économique. La guerre est aussi une invasion informationnelle », a expliqué le Porte-parole du gouvernement, insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une mobilisation collective.

Le ministre Muyaya a salué le leadership du président Félix Tshisekedi, qui a fait le choix courageux de rompre avec les compromis du passé, refusant de tolérer des poches d’instabilité dont certains tiraient profit au détriment de la nation. « Le Président de la République a dit non aux compromis habituels, refusant de laisser certains territoires instables juste pour faciliter l’exploitation de leurs richesses », a-t-il souligné.

Démystifier les prétextes et défendre la vérité

Face aux récits récurrents de Kigali justifiant leur présence sur le sol congolais par une prétendue protection des communautés tutsies, Patrick Muyaya a appelé à une lecture lucide et documentée des faits : « Le président Kagame dit que la RDC est animée d’un esprit de haine envers les Tutsis, qu’on tue les Banyamulenge, qu’on stigmatise leur communauté. Il se présente comme leur protecteur. » Toutefois, le ministre réfute ces arguments, les qualifiant de prétextes pour une ingérence inacceptable. Il rappelle que « la vérité est qu’il y a plus de réfugiés rwandais en RDC que de réfugiés congolais au Rwanda », mettant en lumière la présence de groupes armés issus des anciennes forces rwandaises, instrumentalisés à des fins géopolitiques.

Le ministre de la Communication a aussi dénoncé ce qu’il appelle une « prospérité issue du pillage » : « La prospérité visible aujourd’hui au Rwanda résulte d’un pillage systématique des ressources de l’Est de la RDC. Depuis 1994, à la suite du génocide, les autorités de Kigali ont mis en place un mécanisme visant à déstabiliser notre pays pour en exploiter les richesses. »

Selon lui, le récit rwandais repose sur une justification fallacieuse basée sur la surpopulation et la petitesse du territoire rwandais, allant jusqu’à enseigner aux enfants que le Rwanda s’étendrait sur une partie du Congo. « Sans la guerre dans l’Est, le Rwanda n’a pas d’avenir », conclut-il fermement.

La jeunesse : actrice incontournable de la paix

Face à ces défis, Patrick Muyaya a lancé un vibrant appel aux jeunes Congolais : « La République vous regarde. Elle attend vos voix, elle attend vos récits, elle attend vos combats. Et que personne ne vous dise que votre parole ne compte pas. Car une nation qui laisse ses jeunes sans voix est une nation qui creuse sa propre tombe. »

Il a souligné que la paix durable ne peut émerger qu’à partir de la justice et d’un récit partagé, rappelant qu’« on ne protège pas une communauté en attaquant une autre, on ne construit pas la paix en semant le chaos ». La justice, selon lui, doit être le socle sur lequel reposera la réconciliation nationale.

Noëlla Ayeganagato, ministre de la Jeunesse, a encouragé à son tour les étudiants à s’approprier pleinement l’accord de Washington et à en diffuser les principes au sein de la société congolaise. Elle a mis en garde contre les discours de haine qui, à ses yeux, fragilisent les efforts de paix.

Enfin, le professeur Jean-Chrétien Ekambo a invité la jeunesse à cultiver une conscience historique aiguë afin d’être préparée à la reconstruction nationale « après la guerre », soulignant le rôle primordial de l’enseignement de l’histoire dans ce processus.

Cette conférence-débat à l’UNISIC a donc posé les jalons d’une prise de conscience collective. En mettant en lumière la complexité du conflit et en mobilisant la jeunesse comme fer de lance de la paix, le gouvernement congolais conforte son engagement à restaurer la souveraineté nationale et à construire un avenir serein et prospère pour tous les Congolais.

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