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3 juin, 2026 - 04:42:10
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Glody Ndaya arrêtée : un signal inquiétant sur le respect des droits des journalistes en RDC

L’arrestation de Glody Ndaya, directrice de EventsRDC, interroge sur la gestion des différends liés à la presse en République démocratique du Congo. Si la loi prévoit des voies claires pour répondre aux critiques, cette affaire met en lumière des pratiques qui appellent à une attention renforcée quant au respect des droits des journalistes. Plus qu’un simple fait divers, ce cas soulève des questions sur l’équilibre entre justice, liberté d’expression et responsabilité médiatique.

Cet épisode vient une nouvelle fois illustrer les difficultés auxquelles le journalisme peut être confronté en République démocratique du Congo. Glody Ndaya Muananzila, jeune directrice générale du média EventsRDC, a été interpellée et placée en détention provisoire sans convocation préalable, dans le cadre d’un article dont elle n’est ni l’auteure ni la signataire. Cette situation, dénoncée avec insistance par le Collectif des Médias en ligne de la RDC, est qualifiée d’« arrestation arbitraire », de « traitement indigne » et de possible « connivence entre plaignant et autorités judiciaires ».

L’affaire trouve son origine dans la publication d’un article critiquant un médecin. Plutôt que d’user du droit de réponse, prévu par l’article 104 de l’Ordonnance-Loi n°23/009 du 13 mars 2023, le plaignant aurait choisi une démarche répressive, en sollicitant un rendez-vous d’affaires avec la journaliste pour ensuite la confier à la police.

« Notre consœur a été interpellée après un rendez-vous d’affaires organisé par le même plaignant, en complicité avec la police judiciaire », déplore le Collectif, qui souligne également l’absence d’une convocation formelle adressée ni à la journaliste, ni à son média.

Le traitement réservé à Glody Ndaya — une nuit en détention au commissariat provincial de Kinshasa puis une autre au parquet de la Gombe, dans des conditions qualifiées de « déplorables » — suscite une vive inquiétude quant au respect des droits et à l’intégrité des professionnels des médias. Cette affaire soulève ainsi la question de la place réelle accordée aux lois sur la liberté de la presse et au Code du numérique.

« N’est-ce pas là la preuve que la justice congolaise demeure dans un état de coma ? », s’interroge le Collectif, dénonçant un système judiciaire parfois perçu comme une jungle où « le plus fort mène la danse ».
L’absence de réaction publique des organismes censés protéger les journalistes est vivement critiquée.

« Nous condamnons fermement le silence assourdissant et l’inaction des structures censées défendre les journalistes », affirme le Collectif, appelant à une prise de conscience collective.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire », le Collectif exhorte les professionnels des médias à s’unir pour défendre leur droit fondamental à informer.

« L’ensemble des professionnels des médias doit se lever comme un seul homme », insiste-t-il.

Dans une métaphore forte, la liberté de la presse est comparée à une marchandise que certains tentent de banaliser : « La liberté d’informer ne se négocie pas comme un panier d’épices au marché Somba-Zigida, ni comme un sac de manioc au marché de la Liberté. Non. Cette liberté s’arrache ! »

Cette déclaration résonne comme un appel à la vigilance. Dans un contexte où la RDC affirme garantir la liberté d’expression, cette arrestation pose de sérieuses questions sur la manière dont les différends liés à la presse sont traités. Elle illustre une confusion potentielle entre responsabilité éditoriale, procédures judiciaires et règlements personnels, qui peut fragiliser davantage l’exercice du journalisme.

Il reste essentiel de rappeler que le journalisme n’est pas un délit et qu’un pays sans presse libre est un pays en sursis. La détention de Glody Ndaya constitue un signal d’alarme. La RDC est aujourd’hui face à un choix crucial : celui entre l’État de droit et la loi du plus fort. Espérons que les consciences encore libres sauront répondre à cet appel.

Ce que dit la loi

Article 104 – Ordonnance-Loi n°23/009 du 13 mars 2023
« Toute personne physique ou morale citée ou mise en cause dans un article de presse (…) a le droit de faire insérer une réponse ou une rectification (…) sans frais… »
Une disposition claire que la justice congolaise semble avoir ignorée, préférant emprisonner que dialoguer.

Infos27

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