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20 avril, 2026 - 07:09:55
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RDC–Uruguay : un partenariat portuaire stratégique pour relier Banana à l’Amérique du Sud

En jetant les bases d’un partenariat stratégique entre le port de Banana et celui de Montevideo, la République démocratique du Congo ouvre une nouvelle voie commerciale vers l’Amérique du Sud. À l’initiative du président Tshisekedi, cette mission gouvernementale, à laquelle prend part le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku, illustre une diplomatie économique assumée, tournée vers l’élargissement des partenariats Sud-Sud. Pour la première fois depuis quarante ans, Kinshasa scelle des accords structurants avec l’Uruguay et amorce une dynamique d’intégration avec le Mercosur, puissant bloc régional. Objectif : diversifier les débouchés, valoriser le potentiel congolais et repositionner la RDC comme acteur majeur des échanges Sud-Sud. « Tous les marchés veulent nos produits », insiste Julien Paluku, appelant les opérateurs à tirer parti d’un cadre que l’État s’emploie à rendre plus ouvert, compétitif et porteur de croissance partagée.

Dans le cadre d’une tournée diplomatique inédite en Amérique latine, le ministre du Commerce extérieur congolais, Julien Paluku Kahongya, a jeté les bases d’un accord stratégique entre le futur port en eaux profondes de Banana et celui de Montevideo, porte maritime historique du Mercosur. Objectif : faire de la République démocratique du Congo une tête de pont commerciale vers l’Amérique du Sud.
C’est une première depuis plus de quarante ans. Mardi 5 et mercredi 6 août 2025, une délégation congolaise de haut niveau, conduite par plusieurs membres du gouvernement, a été reçue à Montevideo par le président uruguayen Yamandú Orsi. Au cœur de cette mission initiée par le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi : relancer des relations diplomatiques dormantes et jeter les fondations d’une coopération économique ambitieuse avec le bloc sud-américain.

Pour le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, cette visite marque « une nouvelle ère dans la diplomatie économique de la RDC », insistant sur le rôle moteur du président Tshisekedi. « C’est la première fois depuis quarante ans qu’une mission officielle congolaise arrive ici. Elle traduit la volonté du chef de l’État d’élargir notre horizon commercial au-delà de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique », a-t-il déclaré.

Montevideo-Banana : un axe Sud-Sud en construction

Moment fort du séjour : la visite à l’Administration nationale des ports de l’Uruguay, où Julien Paluku s’est entretenu avec Pablo Genta, président du Conseil d’administration, et Andrés Nieto, directeur général du port de Montevideo. Cette plateforme maritime stratégique, forte de plus d’un siècle d’expérience, traite annuellement plus d’un million de conteneurs sur ses 4 500 mètres de quai et ses 145 hectares d’emprise.

À l’issue de ces échanges, une commission technique mixte a été constituée pour accélérer la signature d’un partenariat stratégique avec le port de Banana, en cours de construction dans l’ouest de la RDC. « Nous voulons que Banana bénéficie de l’expertise du port de Montevideo pour devenir un hub régional performant et fiable. C’est un appui logistique décisif pour nos ambitions commerciales dans cette zone du monde », a souligné le ministre.

Vers un accord commercial RDC–Mercosur

Au-delà de la dimension portuaire, la RDC entend s’intégrer durablement dans l’espace économique sud-américain. À cet effet, Julien Paluku a rencontré les responsables de Uruguay XXI, l’agence publique en charge de la promotion des exportations et des investissements.

Mais surtout, Kinshasa prépare un accord de libre-échange avec le Mercosur, bloc régional regroupant l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil, la Bolivie et le Paraguay. « Nous n’allons pas signer des accords bilatéraux pays par pays. Comme l’Union européenne le fait, nous souhaitons conclure un accord global avec le Mercosur, pour lever les barrières tarifaires et stimuler les échanges », a expliqué M. Paluku.

Pour le ministre, ce rapprochement présente des avantages stratégiques majeurs : « Ce sont 300 millions de consommateurs qui peuvent désormais accéder aux produits congolais. Cela va pousser nos opérateurs économiques à produire davantage et à viser ce nouveau marché. »

Un appel aux opérateurs économiques congolais

Dans un plaidoyer remarqué, Julien Paluku a exhorté les entrepreneurs de son pays à saisir les opportunités que la diplomatie économique leur ouvre : « L’État crée le cadre, mais ce sont les opérateurs économiques qui doivent le transformer en valeur ajoutée. Nous avons été aux États-Unis, en Chine, en Europe, aujourd’hui en Amérique du Sud : tous veulent nos produits. »

Revenant sur la vision du chef de l’État, le ministre a rappelé que « la revanche du sol sur le sous-sol » restait le fil conducteur de l’action gouvernementale : « Le président nous a envoyés dans le monde pour que la population congolaise bénéficie des retombées de cette diplomatie économique. Nous devons retourner à la terre, produire, transformer et exporter. »

Une tournée en trois temps

Après cette première escale à Montevideo, la délégation congolaise poursuivra sa tournée en Argentine, puis au Brésil, pour y conclure des accords similaires, notamment dans les secteurs agricoles, énergétiques et miniers. À travers cette offensive diplomatique, Kinshasa entend affirmer son rôle dans les échanges Sud-Sud et diversifier ses débouchés commerciaux pour mieux résister aux chocs extérieurs.

« Il était important que la RDC ouvre ses marchés au bloc sud-américain. Nous partageons les mêmes réalités, les mêmes défis. Cette coopération est une passerelle entre deux continents qui se reconnaissent dans un même combat pour le développement », a conclu le ministre Julien Paluku.

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