Le geste est symbolique, mais sa portée dépasse largement les limites d’un terrain de football. En décidant de retirer la mention Visit Rwanda de ses panneaux publicitaires, le Bayern Munich rompt avec une campagne accusée de servir d’opération de communication à un État pointé du doigt pour son rôle dans le conflit sanglant qui ravage l’Est de la RDC. Ce désengagement, révélé par RFI, sonne comme un désaveu retentissant pour Kigali, de plus en plus isolé face aux accusations des Nations unies de soutien militaire au M23, responsable de massacres et de déplacements massifs de civils. En choisissant de ne plus associer son image à un régime accusé de crimes graves, le club allemand envoie un signal politique clair et assumé, qui pourrait bien inspirer d’autres institutions sportives encore liées à la campagne, à l’instar d’Arsenal ou du Paris Saint-Germain.
Le geste est symbolique, mais lourd de sens. Le Bayern Munich, géant du football allemand, a annoncé qu’il ne ferait plus figurer la mention Visit Rwanda sur les panneaux publicitaires de son stade. Cette décision, révélée dimanche 10 août par Radio France Internationale (RFI), met un terme à l’un des contrats de sponsoring les plus contestés de ces dernières années, accusé de servir de vitrine à un régime impliqué dans un conflit meurtrier à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
La direction du club bavarois affirme vouloir désormais concentrer sa coopération avec Kigali sur la promotion du football et le développement des jeunes talents africains. Mais la rupture avec la campagne touristique lancée par le Rwanda en 2018 résonne comme un désaveu cinglant pour un partenariat plusieurs fois dénoncé par des ONG et des collectifs de supporters.
Un sponsor entaché par la guerre
Depuis 2021, les Nations unies, à travers leurs rapports d’experts, accusent Kigali de soutenir militairement le groupe armé M23, responsable de massacres, de déplacements massifs de populations et d’exactions systématiques dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et de l’Ituri. Des centaines de villages ont été vidés de leurs habitants, plus de 3 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des camps improvisés, et la guerre a pris un tournant régional avec l’implication directe de l’armée rwandaise.
Pour de nombreuses associations, la campagne Visit Rwanda était devenue un instrument de « blanchiment d’image » permettant au régime de Paul Kagame de s’afficher sur les pelouses européennes tout en menant, à quelques milliers de kilomètres, une guerre par procuration. Plusieurs supporters du Bayern avaient exprimé leur malaise, certains allant jusqu’à déployer des banderoles réclamant la fin du partenariat.
Un geste qui dépasse le sport
Si la fin de cette promotion ne met pas un terme à toutes les relations entre le Bayern et le Rwanda, elle marque une inflexion majeure. Elle intervient alors que la pression internationale monte contre Kigali, sous le coup de nouvelles sanctions envisagées par des pays occidentaux et des appels croissants à couper les financements indirects de son appareil militaire.
En choisissant de ne plus associer son image à une campagne perçue comme une opération de communication d’un État accusé de crimes graves, le Bayern Munich envoie un signal politique clair. Un geste qui, selon plusieurs observateurs, pourrait inspirer d’autres clubs et institutions encore liés à Visit Rwanda, à l’instar d’Arsenal ou du Paris Saint-Germain.
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