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Kinshasa
10 octobre, 2026 - 21:45:32
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Réformer pour servir : l’appel du diplomate Joseph Kindundu à ressusciter le service public

Face à une administration souvent perçue comme lente, opaque et verrouillée par le clientélisme, le diplomate Joseph Kindundu lance un plaidoyer vigoureux pour remettre l’État au service de tous. Des ambassades qui ignorent les détresses de leurs compatriotes aux entreprises publiques plombées par la corruption et l’inertie, il dresse un constat sévère : sans transparence ni sanctions, la confiance s’effrite et l’intérêt général recule. Son plan d’action, articulé en mesures immédiates, réformes structurelles et changement de culture, propose d’allier coercition, digitalisation et éthique professionnelle pour briser l’impunité, restaurer l’efficacité et replacer le citoyen au centre. Une feuille de route qui mise sur le courage politique pour transformer les promesses en résultats concrets.

(Tribune)

Comment redonner à nos administrations, nos entreprises publiques, nos ambassades leur rôle de service (au) public

  1. Introduction : Que vous soyez au pays ou à l’étranger, le constat est implacable : les démarches administratives relèvent trop souvent du parcours du combattant. Obtenir un document, un visa, un passeport, régulariser une situation ou faire valoir ses droits devient une épreuve, un parcours du combattant, une lutte sans fin. Tant les citoyens, tout comme les agents publics eux-mêmes, se heurtent à un mur d’indifférence. On vous demande de faire le suivi vous-même.

Pire encore : dans la plupart des cas, l’accès à certains services (aux) publics semble conditionné par des logiques politiques partisanes, tribales ou familiales. Sans ces appuis, le citoyen, le fonctionnaire ou le diplomate est abandonné à lui-même, bien que des services compétents soient clairement identifiés pour intervenir et faire leur devoir inscrits dans les textes légaux. Certains ambassadeurs, au mépris de leur mission, considèrent que les problèmes des diplomates ne les concernent pas. Sauf pour les combattre, avec la dernière énergie. Ils refusent d’assister leurs compatriotes, préférant l’humiliation à l’efficacité.

Une administration fantôme : silence, inertie, arbitraire

Aucune réponse aux courriers officiels, pas même un accusé de réception. Seules persistent des sanctions arbitraires et des blocages injustifiés. Du chef de bureau au ministre, en passant par les directeurs et les diplomates, la responsabilité est systématiquement rejetée. Les textes existent, les missions sont clairement définies – mais l’inaction prévaut, sauf lorsqu’il s’agit d’entraver un dossier. Là, la célérité devient soudain une vertu.

Méfiance, opacité, clientélisme : le triomphe des intérêts particuliers

Au sein des ministères, des ambassades et des entreprises publiques, règne une culture du silence. Les échanges entre collègues sont rares, la solidarité inexistante, la méfiance est à son plus haut niveau. Peu importe la détresse de son voisin, du citoyen ou du collègue en difficulté… à moins qu’un enjeu financier, tribal ou politique n’entre en jeu. Dès lors, les blocages se lèvent, les dossiers progressent comme par magie.

Conséquences : une machine bureaucratique à l’arrêt

Résultat ? Des administrations paralysées, dysfonctionnelles à tous les niveaux, qui pénalisent autant les usagers que les agents publics eux-mêmes. Des diplomates abandonnés à leur triste sort, des services publics, des ambassades méprisés. Une bureaucratie qui, au lieu de servir l’intérêt général, nourrit la frustration, sape la confiance dans l’État et discrédite les autorités