75.58 F
Kinshasa
20 avril, 2026 - 04:21:05
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSécurité

Guerre dans l’Est : Kigali épargné, Trump vilipendé, les évêques catholiques dans la controverse

Dans une guerre où les responsabilités sont clairement établies, le silence devient une complicité. Alors que les armes continuent de crépiter dans l’Est de la RDC et que le Rwanda est régulièrement désigné comme l’architecte des violences, les évêques de la CENCO préfèrent tourner leur colère vers Washington. Ils dénoncent la « paix transactionnelle » prônée par Donald Trump, mais se gardent bien de nommer Kigali, acteur majeur de la tragédie congolaise. Cette indignation sélective interroge : pourquoi l’Église catholique choisit-elle de s’ériger en contrepoids face aux États-Unis, tout en ménageant l’agresseur ? Derrière ce choix se dessine une posture qui affaiblit sa parole morale et brouille son rôle de vigie nationale. À force d’éviter l’essentiel, les prélats congolais risquent de se placer du côté de l’oubli des victimes, et, pire encore, d’apparaître comme les protecteurs involontaires d’un agenda étranger aux souffrances du peuple qu’ils prétendent défendre.

Alors que le président américain Donald Trump multiplie les annonces autour d’un cessez-le-feu en République démocratique du Congo, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont vivement dénoncé une « paix transactionnelle » réduite à l’accès aux minerais. Mais leur réaction soulève des interrogations : en se concentrant sur les propos de la Maison Blanche, les prélats semblent omettre l’essentiel, à savoir le rôle central du Rwanda dans l’alimentation du conflit.

À Doha, où se poursuivent les discussions sous médiation qatarie, l’enjeu est clair : surveiller un cessez-le-feu et préparer des échanges de prisonniers. Sur le terrain, les combats se poursuivent. Face à cette réalité, les critiques de la CENCO apparaissent sélectives. Car si Donald Trump chercherait un coup politique, il n’en demeure pas moins que Kigali reste l’acteur clé de la déstabilisation, un point que les évêques se gardent de rappeler.

« Congolais et Rwandais, vous êtes en guerre à propos des minerais », ironisait le cardinal Fridolin Ambongo, en ciblant Washington. Mais pourquoi l’Église congolaise évite-t-elle de nommer l’agresseur ? Cette prudence, qui frôle parfois le déni, revient à disculper le Rwanda au moment même où ses soutiens au M23 continuent de semer la mort dans l’Est.

Certains observateurs y voient un paradoxe : la hiérarchie catholique s’érige en contrepoids à l’agenda américain, mais sans jamais adresser une critique frontale à Kigali. « On comprend le jeu, notait un analyste : les évêques s’attaquent aux États-Unis comme si c’était eux qui attaquaient la RDC. » Une posture qui brouille le message moral de l’Église, perçue comme plus encline à dénoncer les maladresses diplomatiques qu’à affronter le cœur du problème.

En juin déjà, l’accord parrainé par Washington entre Kinshasa et Kigali avait été critiqué par la CENCO. Mais là encore, la dénonciation portait sur la méthode américaine plutôt que sur le refus du M23 de déposer les armes. À force d’éluder la responsabilité du Rwanda, les évêques risquent d’apparaître comme les alliés involontaires d’un agenda étranger aux souffrances des Congolais.

Dans un contexte où chaque mot pèse, la voix de l’Église garde un poids moral immense. Mais à vouloir éviter d’accuser Kigali, elle prend le risque d’affaiblir son rôle de vigie nationale et de se ranger, malgré elle, du mauvais côté de l’histoire.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus