Kinshasa s’apprête à vivre ce lundi 15 septembre une rentrée parlementaire loin des routines habituelles. Le projet de loi des finances pour 2026, censé dominer les débats, passe au second plan face à une tempête politique qui menace de déséquilibrer les deux Chambres. À l’Assemblée nationale comme au Sénat, les bureaux sont contestés, et leurs présidents, Vital Kamerhe et Jean-Michel Sama Lukonde, voient leur autorité remise en cause par des pétitions de destitution inédites. Les accusations fusent : opacité, inaction, mépris du rôle des élus.
Le président Félix Tshisekedi se retrouve au centre d’un arbitrage délicat. Alors qu’il avait appelé, la semaine dernière, à une session « sereine » et concentrée sur les priorités nationales, il doit désormais jongler avec une majorité ébranlée, consciente que l’ombre d’un échec parlementaire pourrait fragiliser l’Union sacrée. La tension dépasse les simples querelles internes : elle interroge la capacité de l’État congolais à fonctionner dans un contexte où le Parlement, censé être contre-pouvoir, vacille sous ses propres divisions.
À l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe fait face à une fronde menée par des députés dénonçant des méthodes autoritaires et un fonctionnement opaque. Le seuil des signatures nécessaires pour déclencher une motion de défiance est atteint, plaçant le président de la Chambre basse sur la sellette. Au Sénat, la contestation est tout aussi vive : Jean-Michel Sama Lukonde est accusé de blocage et d’immobilisme. Des sénateurs réclament un renouvellement de l’équipe dirigeante, menaçant de transformer une rentrée budgétaire en crise institutionnelle.
La session de septembre s’ouvre donc sur un paradoxe criant : un calendrier budgétaire fixé par la Constitution, mais un agenda politique dominé par des luttes internes.
Derrière le débat sur le budget 2026 se joue bien plus : la stabilité de l’Union sacrée, la crédibilité du Parlement et la capacité de la République à faire face aux crises sécuritaires et sociales.
Si Félix Tshisekedi réussit à maintenir l’équilibre, il consolidera son rôle d’arbitre et de garant de l’État. En cas d’échec, la rentrée parlementaire marquera le début d’une fragilisation majeure du pouvoir législatif et d’une instabilité politique dont le pays pourrait payer le prix fort. Cette session ne sera pas simplement budgétaire : elle sera le miroir de la vitalité ou de la fragilité de la démocratie congolaise.
Infos27

