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13 mai, 2026 - 22:00:43
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En marge du Forum économique et d’investissement USA-RDC : Accord stratégique RDC–Hydro-Link pour une ligne électrique de 1,5 milliard USD

Première journée, première signature d’envergure. À Washington, en marge du Forum économique et d’investissement USA-RDC, le gouvernement congolais a scellé avec l’investisseur énergétique américain Hydro-Link un accord stratégique visant à construire une ligne électrique transfrontalière de 1 150 kilomètres, d’un coût estimé à 1,5 milliard de dollars, pour acheminer l’excédent d’énergie hydroélectrique de l’Angola vers le sud-est de la RDC. Ce projet, présenté comme l’un des plus importants de la décennie dans le domaine énergétique en Afrique centrale, entend répondre aux besoins pressants du Copperbelt congolais, cœur minier du pays. Au-delà de l’enjeu industriel, il marque une étape structurante dans le partenariat économique entre Kinshasa et Washington, tout en s’inscrivant dans la stratégie nationale d’accès à l’énergie et de transition vers une économie plus compétitive et durable.

Le Forum économique et d’investissement USA-RDC s’ouvre sur un coup d’éclat. Le ministre congolais des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, et Paul Hinks, PDG de la société américaine Hydro-Link LLC, ont signé un mémorandum d’entente portant sur la construction d’une ligne de transport d’électricité transfrontalière reliant l’Angola à la République démocratique du Congo. Le projet, évalué à 1,5 milliard de dollars, prévoit la mise en service d’ici à 2029 d’une infrastructure longue de 1 150 kilomètres.

Ce corridor énergétique stratégique permettra d’acheminer jusqu’à 1 200 MW d’électricité hydroélectrique excédentaire produite en Angola vers les zones minières du Copperbelt congolais, particulièrement exigeantes en énergie. Pour Kinshasa, où les coupures et déficits électriques freinent l’industrialisation, il s’agit d’un tournant majeur.

Le projet s’inscrit pleinement dans le Pilier IV du Programme d’action du gouvernement, consacré à l’accès aux services de base, en particulier l’axe stratégique visant à sécuriser et étendre l’approvisionnement en électricité pour soutenir la croissance économique.

« Cet accord est une étape cruciale pour la sécurité énergétique et le développement durable de notre pays. En tirant parti du surplus hydroélectrique de l’Angola et en développant une infrastructure transfrontalière robuste, nous répondons aux besoins de nos secteurs industriel et minier », a souligné le ministre Sakombi Molendo, saluant « un partenariat stratégique transformateur ».

Du côté américain, l’investissement est présenté comme un vecteur de développement mutuel. « Hydro-Link représente un investissement stratégique qui fournira 1 200 MW d’électricité fiable et abordable aux populations et industries d’Angola et de RDC. Ce projet intégrera des matériaux américains et créera des emplois dans nos usines et plusieurs milliers de postes en Afrique », a déclaré Paul Hinks.

Le projet rassemble plusieurs partenaires internationaux. La société d’ingénierie Sargent & Lundy, basée à Chicago et reconnue mondialement pour son expertise dans le secteur énergétique, jouera le rôle de maître d’ouvrage délégué. Le groupe Mitrelli Group, établi en Suisse et partenaire stratégique d’Hydro-Link, apportera plusieurs décennies d’expérience dans la mise en œuvre de projets d’infrastructures sur le continent africain.

Pour Haim Taib, président de Mitrelli et de Menomadin, ce partenariat dépasse le seul cadre industriel : « Il est essentiel que l’accès à l’énergie favorise l’autonomisation des communautés locales, soutienne le progrès social et crée de nouvelles opportunités pour les millions de personnes vivant le long de cet axe vital reliant l’Angola et la RDC. »

Hydro-Link a par ailleurs signé un accord parallèle avec le gouvernement angolais, posant les bases d’un réseau électrique transfrontalier intégré. Pour Kinshasa, cette initiative conforte la stratégie nationale de diversification économique, tout en renforçant la crédibilité du pays auprès des investisseurs américains.

À l’heure où la transition énergétique devient un levier géopolitique majeur, ce partenariat entre la RDC, l’Angola et les États-Unis pourrait bien redessiner la carte énergétique de l’Afrique centrale — et placer Kinshasa au cœur d’un corridor stratégique pour le développement régional.

Infos27

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