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16 avril, 2026 - 20:48:08
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Banjul : la RDC plaide pour un sursaut africain face au Génocost

Dans une allocution ferme à Banjul, en Gambie, le ministre congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a appelé la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à briser le silence face au « drame du Génocost » qui ravage l’est de la République démocratique du Congo depuis trois décennies. Représentant des États membres de l’Union africaine à l’ouverture de la 85ᵉ session, il a exhorté l’organe continental à « envoyer un signal fort pour décourager l’entêtement du Rwanda et la main invisible derrière lui ». Sous le leadership du président Félix Tshisekedi, a-t-il rappelé, la RDC multiplie les réformes pour la promotion des droits humains — de la parité à la justice transitionnelle — tout en subissant une guerre d’agression qui, selon lui, a déjà coûté la vie à plus de dix millions de Congolais.

Devant les membres de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), réunis pour leur 85ᵉ session ordinaire, le ministre congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya a dénoncé l’indifférence prolongée du continent face aux massacres perpétrés dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Nous vivons depuis trente ans une tragédie humaine sans précédent, une guerre d’agression orchestrée par le Rwanda et ses supplétifs, qui a déjà fait plus de dix millions de morts et autant de déplacés », a-t-il lancé, s’appuyant sur les rapports successifs des Nations unies, dont celui de juillet 2025.

Le ministre a cité les localités devenues symboles de cette violence — Kishishe, Kibumba, Kitchanga, Maboya, Kanyabayonga, Bwito, Minova — où, selon lui, « des populations entières ont subi une épuration ethnique systématique pour s’accaparer de leurs terres minières ».

Un plaidoyer pour la justice et la mémoire

Représentant officiellement les États de l’Union africaine lors de cette ouverture solennelle, Me Mbemba Kabuya a aussi voulu rappeler les efforts entrepris par le président Félix Tshisekedi en matière de droits humains : promotion de la parité, gratuité de l’enseignement de base, couverture santé universelle incluant la maternité gratuite, et programmes de formation pour la jeunesse. Il a également mis en avant la mise en place d’une justice transitionnelle, notamment en faveur des femmes victimes des violences de guerre.

Dans un geste symbolique, il a annoncé la création à Kinshasa d’un Mémorial du Génocost, dédié aux victimes des guerres et massacres successifs en RDC, invitant les participants à venir s’y recueillir.

Un appel à la responsabilité africaine

« Face à ce drame que l’humanité n’a jamais connu, il est temps que la Commission africaine envoie un signal fort », a insisté le ministre, appelant à la fois à la condamnation du Rwanda et à la décolonisation des droits humains sur le continent, afin que la voix des peuples africains soit mieux entendue.

Cette intervention intervient quelques jours après l’adoption par le Parlement congolais, le 17 octobre dernier, d’une résolution reconnaissant officiellement les génocides commis sur le territoire national.

Dans les travées de la salle, plusieurs délégués ont salué le ton courageux de la délégation congolaise. « La RDC n’est pas venue mendier la compassion, mais réclamer justice », a confié un diplomate ouest-africain à la presse.

Pour Kinshasa, ce plaidoyer marque une étape supplémentaire dans la stratégie de diplomatie des droits humains voulue par Félix Tshisekedi — une diplomatie qui, désormais, refuse le silence et exige des comptes.

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