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Kinshasa
14 décembre, 2025 - 20:47:37
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Est de la RDC : l’ONU désigne trois experts pour enquêter sur les violations graves des droits humains

La décision marque une nouvelle étape dans la mobilisation internationale face au drame humanitaire qui secoue l’est du Congo. Sous la présidence de l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient de désigner trois experts de haut niveau chargés de mener une enquête indépendante sur les graves violations des droits humains commises depuis la reprise des hostilités en janvier 2025. Conçue pour établir les faits, identifier les auteurs et favoriser la justice, cette commission d’enquête symbolise la volonté croissante de la communauté internationale d’exiger des comptes dans un conflit devenu l’un des plus meurtriers du continent. Le rapport attendu à Genève en 2027 pourrait profondément influer sur la diplomatie autour du dossier congolais.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a annoncé, lundi, la nomination des trois membres de la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations présumées des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La décision, rendue publique à Genève, intervient dans le cadre de la résolution S-37/1 adoptée le 7 février 2025, à la suite d’une session extraordinaire consacrée à la détérioration de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

La Commission, présidée par Arnauld Akodjenou, diplomate béninois et ancien haut responsable du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), sera composée également de Maxine Marcus, juriste germano-américaine spécialisée dans les crimes de guerre et les violences sexuelles, et de Clément Nyaletsossi Voule, juriste togolais et ancien Rapporteur spécial sur la liberté de réunion pacifique.

Leur mandat portera sur l’établissement des faits liés aux violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, notamment les violences sexuelles et sexistes, les atteintes contre les femmes, les enfants et les déplacés internes, ainsi que les crimes internationaux perpétrés dans la région depuis le début de l’année. La Commission devra également identifier les auteurs présumés et les entités impliquées, afin de garantir que les responsables soient traduits en justice.

Selon le communiqué du Conseil, la première mission de terrain est prévue pour janvier 2026, avec une mise à jour orale devant le Conseil en juin-juillet 2026 et la présentation d’un rapport complet entre février et avril 2027. Ce document sera ensuite transmis à l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa 82ᵉ session.

Le président du Conseil, Jürg Lauber, a souligné que la désignation des membres de la Commission s’était fondée sur des recommandations « issues de multiples parties prenantes », afin de garantir la compétence, l’indépendance et l’impartialité du processus.

Pour la RDC, cette annonce représente un tournant diplomatique. Elle intervient alors que Kinshasa multiplie les démarches auprès des instances internationales pour obtenir la reconnaissance formelle du rôle du Rwanda et du M23 dans les violences en cours. Si la Commission d’enquête reste indépendante, ses conclusions pourraient renforcer les arguments du gouvernement congolais dans sa quête de justice et de vérité sur les atrocités commises à l’est du pays.

Infos27

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