Sans redistribution équitable, la richesse minière devient une source de fracture. Conscient de cet enjeu, le gouvernement congolais veut faire du mécanisme de dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières un instrument efficace de cohésion sociale et de développement local. Le 13 novembre 2025, les ministères des Affaires sociales et des Mines ont réuni leurs équipes autour du Comité de supervision pour évaluer l’application de cette disposition du Code minier dans le Haut-Katanga et le Lualaba, les deux poumons du secteur extractif national. Objectif : transformer la manne minière en bénéfices tangibles pour les communautés riveraines et restaurer la confiance entre l’État, les entreprises et les populations.
Réunis sous la coordination du Comité de supervision, d’orientation, de suivi et de contrôle, les représentants des ministères des Affaires sociales et des Mines ont examiné l’état d’avancement de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières. Ce mécanisme, inscrit dans le Code minier révisé de 2018, impose aux opérateurs du secteur d’allouer une part de leurs revenus à des projets communautaires dans leurs zones d’exploitation.
Les discussions ont porté sur l’évaluation des projets déjà réalisés, l’identification des blocages institutionnels et la présentation d’un projet de directive complémentaire encadrant la gestion de ces fonds. L’Administrateur directeur général du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS) a détaillé la future architecture de gouvernance, appelée à garantir transparence, traçabilité et redevabilité.
Au-delà de l’aspect technique, cette réunion s’inscrit dans une stratégie politique de pacification et de justice sociale dans les provinces minières. Kinshasa entend ainsi répondre aux frustrations accumulées face à la faible visibilité des retombées locales de l’exploitation des ressources naturelles. « Il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de partager équitablement », a résumé un haut cadre du ministère des Mines.
La mission conjointe s’est prolongée par une tournée d’inspection dans le Haut-Katanga et le Lualaba, avec l’inauguration d’ouvrages communautaires financés grâce à ces fonds. Ces initiatives concrètes marquent la volonté du gouvernement de replacer le citoyen au centre du modèle minier congolais et d’en faire un levier de développement durable et d’inclusion.
En renforçant le contrôle et la visibilité du fonds de 0,3 %, la RDC affirme sa détermination à lier performance économique et progrès social, et à faire de son secteur minier non plus un foyer de tensions, mais un moteur de stabilité et de prospérité partagée.
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