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Kinshasa
1 novembre, 2026 - 17:27:55
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Crise à l’Est : Sama Lukonde porte la dénonciation à l’UPA et assume la présidence du Comité exécutif

À Kinshasa, où s’est achevée la 47ᵉ Conférence des présidents des Parlements africains, le président du Sénat congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, a fait voler en éclats le langage feutré de la diplomatie pour replacer la tragédie de l’Est de la RDC au centre du débat continental. En dénonçant « l’occupation » d’une partie du territoire congolais par le M23/AFC et « un génocide silencieux » qui décime les populations depuis trois décennies, il a sommé les institutions africaines d’assumer leur rôle politique face à un drame longtemps minimisé. Deux jours plus tard, porté par un consensus, il a été désigné à la tête du Comité exécutif de l’Union parlementaire africaine, scellant le retour offensif de Kinshasa sur l’échiquier régional. Une séquence qui rebat les cartes et impose, à nouveau, la crise congolaise comme un test de la souveraineté africaine.

À Kinshasa, jeudi 21 novembre, l’ouverture de la 47ᵉ Conférence des présidents des Assemblées parlementaires africaines s’est déroulée sur un ton inhabituellement grave. Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat de la RDC et hôte de la rencontre, a délaissé les formules protocolaires pour alerter les délégations venues de tout le continent. Il a dénoncé sans détour « l’occupation d’une partie du territoire national par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC » et décrit « un génocide silencieux » qui, depuis trois décennies, décime l’Est du pays : « des millions de morts, près de sept millions de déplacés, des villages rayés de la carte, des générations sacrifiées ».

Devant les représentants des Parlements africains, il a appelé à une « solidarité parlementaire » renforcée, exhortant les délégations à soutenir les processus de paix de Washington et de Doha ainsi que le plaidoyer congolais sur le « génocost », cette notion défendue par Kinshasa pour qualifier les massacres à finalité économique.

Le cadre géopolitique plus large n’a pas été éludé. Sama Lukonde a rappelé que l’Afrique évoluait dans un monde « traversé par des recompositions profondes », marqué par « l’instabilité économique » et « de nouvelles fractures sociales », invitant les parlements à « parler d’une seule voix » pour protéger les ressources du continent.

Diplomatie parlementaire : Kinshasa plaide pour une Afrique plus souveraine

Le président du Sénat a insisté sur la nécessité de transformer la diplomatie parlementaire en véritable outil de prévention et de médiation. Face au terrorisme, aux crimes organisés et au pillage des ressources naturelles, a-t-il plaidé, les institutions législatives doivent devenir des acteurs de premier plan.

Il a également mis en avant l’agenda plus large de l’Union parlementaire africaine (UPA) : promotion de la jeunesse dans la gouvernance, leadership féminin avec des « quotas pertinents », consolidation de la coopération Sud-Sud et renforcement des mécanismes d’intégration régionale.

Sama Lukonde désigné président du Comité exécutif de l’UPA

Deux jours plus tard, samedi 22 novembre, lors de la plénière de clôture, Jean-Michel Sama Lukonde a été désigné président du Comité exécutif de l’Union parlementaire africaine pour un mandat de deux ans.

Une désignation conforme à l’article 14 des statuts amendés, qui attribue par priorité cette fonction au président du Parlement national du pays hôte, sauf refus de s