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Kinshasa
20 janvier, 2026 - 12:40:32
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Inflation à 2,27 %, taux directeur ramené à 15 % : la Banque centrale consolide le cap de la stabilité et prépare la croissance de 2026

La Banque centrale du Congo ouvre l’année 2026 sur un signal de confiance rarement observé au cours de la dernière décennie. Inflation ramenée à 2,27 %, franc congolais apprécié de plus de 30 % sur le marché interbancaire, réserves internationales portées à 7,89 milliards de dollars et croissance maintenue à 5,6 % : les indicateurs macroéconomiques affichent une trajectoire nettement redressée. Fort de ces acquis, le Comité de politique monétaire, sous la présidence du gouverneur André Wameso, a décidé, le 8 janvier à Kinshasa, d’abaisser pour la deuxième fois en trois mois son taux directeur, désormais fixé à 15 %, après avoir culminé à 25 % un an plus tôt. Ce choix marque l’entrée assumée dans une phase d’assouplissement maîtrisé, destinée à soutenir le crédit, l’investissement et l’activité, sans sacrifier la stabilité financière. En maintenant inchangés les coefficients de réserve obligatoire, la Banque centrale affiche une prudence revendiquée, consciente des fragilités structurelles de l’économie et des risques internes comme externes. Pour 2026, l’institut d’émission parie sur une inflation durablement contenue, une croissance soutenue par les cours du cuivre et du cobalt, et une consolidation progressive de la souveraineté monétaire. Un pilotage fin, où la crédibilité monétaire devient un levier central du développement économique.

Réunie en session ordinaire le jeudi 8 janvier 2026 à Kinshasa, le comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC) a posé un nouvel acte fort de pilotage macroéconomique. Pour la deuxième fois en l’espace de trois mois, le CPM a décidé d’assouplir prudemment sa politique, en abaissant le taux directeur de 17,5 % à 15 %. Une baisse de 250 points de base qui prolonge celle opérée en octobre 2025, lorsque ce taux avait été ramené de 25 % à 17,5 %, et qui consacre un changement de cycle monétaire, désormais orienté vers le soutien durable de l’économie réelle.

Cette décision s’appuie sur une amélioration spectaculaire des principaux indicateurs macroéconomiques. À fin décembre 2025, l’inflation s’est établie à 2,27 %, contre 11,69 % un an plus tôt, un niveau historiquement bas, très inférieur à l’objectif de moyen terme de 7 %. Le franc congolais s’est apprécié de 30,44 % sur le marché interbancaire et de 24,09 % sur le marché parallèle sur l’ensemble de l’année, tandis que les réserves internationales ont atteint 7,89 milliards de dollars, soit une couverture de trois mois d’importations de biens et services.

Un assouplissement fondé sur des acquis solides

Dans ce contexte jugé « rassurant », la BCC a ajusté ses principaux instruments sans rompre l’équilibre. Outre la baisse du taux directeur à 15 %, le taux des facilités de prêt marginales a été ramené de 21,5 % à 19 %. En revanche, les coefficients de réserve obligatoire ont été maintenus à leurs niveaux actuels : 10,5 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale et 0 % pour les dépôts à terme, ainsi que 11,5 % et 10,5 % respectivement pour les dépôts en devises.

Ce choix traduit une stratégie assumée : rendre le coût de l’argent progressivement moins élevé afin de stimuler le crédit et l’investissement, tout en évitant toute injection excessive de liquidités susceptible de raviver les tensions inflationnistes. La Banque centrale privilégie ainsi un assouplissement maîtrisé, compatible avec la stabilité financière.

Un signal clair envoyé aux entreprises et aux ménages

Instrument central de la politique monétaire, le taux directeur sert de référence au refinancement des banques commerciales, qui l’intègrent dans la fixation de leurs conditions de crédit. En procédant à deux baisses consécutives en trois mois, l’institut d’émission adresse un signal fort aux opérateurs économiques : l’inflation est sous contrôle, la stabilité macroéconomique est consolidée, et les conditions sont réunies pour soutenir plus activement la croissance.

Concrètement, les entreprises devraient bénéficier de conditions d’emprunt plus favorables pour financer l’investissement productif, tandis que les ménages pourraient accéder plus aisément aux crédits destinés au logement, aux activités commerciales ou à la consommation. Cette dynamique est appelée à renforcer l’activité économique, stimuler la création d’emplois et améliorer la circulation de la liquidité dans l’économie.

Croissance robuste et environnement externe plus stable

Sur le plan de l’activité, la Banque centrale fait état d’une croissance du PIB réel de 5,6 % en 2025, après 6,7 % en 2024. Un léger ralentissement, interprété comme une normalisation après une phase de rattrapage, mais qui reste élevé et largement supérieur à la moyenne régionale. La dynamique repose à la fois sur la branche extractive et sur la résilience des activités hors mines, notamment industrielles et administratives.

À l’échelle internationale, l’institution observe une économie mondiale plus résiliente qu’anticipé, malgré les tensions géopolitiques et commerciales persistantes. La décélération de l’inflation mondiale et la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement ont contribué à stabiliser l’environnement externe dans lequel évolue l’économie congolaise.

2026 : stabilité, dédollarisation et crédibilité monétaire

Pour 2026, la Banque centrale anticipe une inflation durablement contenue et une croissance robuste, soutenue notamment par l’évolution attendue des cours du cuivre et du cobalt. Elle place toutefois la vigilance au cœur de sa stratégie. La préservation de la stabilité du change, la dédollarisation progressive de l’économie, la digitalisation des paiements et le renforcement de la supervision bancaire constituent les axes structurants de son action.

Le gouverneur André Wameso a également rappelé que la stabilité macroéconomique est un bien collectif, qui dépend non seulement de la politique monétaire, mais aussi des comportements des acteurs publics et privés. Dans cette logique, la poursuite du paiement des salaires des agents de l’État, y compris dans les zones sous occupation de l’AFC/M23, est présentée comme un marqueur de souveraineté et de continuité de l’État, les rémunérations continuant d’être versées en francs congolais.

Derrière la technicité des décisions, la Banque centrale revendique un pilotage fin et lisible : stabilité des prix, crédibilité du franc, soutien mesuré à la croissance et affirmation de l’autorité monétaire. Une ligne de continuité assumée, inscrite dans le cadre de la loi du 23 décembre 2018, et saluée par de nombreux observateurs comme un facteur de prévisibilité et de confiance pour l’économie congolaise à l’aube de 2026.

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