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Kinshasa
17 avril, 2026 - 04:25:20
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Interpellation d’officiers : l’armée congolaise dévoile les faits et rassure l’opinion

Dans un climat saturé de rumeurs toxiques, où les réseaux sociaux fabriquent l’angoisse aussi vite que le mensonge, l’armée congolaise a choisi de répondre par la lumière. Face aux accusations virales de disparitions, d’exécutions sommaires ou de détentions clandestines visant plusieurs officiers généraux des FARDC, le haut commandement a décidé de rompre net avec le silence, laissant aux spéculateurs la vacuité de leurs inventions. Lors d’un point de presse tenu samedi à Kinshasa, le général-major Sylvain Ekenge a confirmé leur interpellation. Un geste qui entend démonter la « stratégie de manipulation » déployée par des ennemis de la République qui misent sur la peur pour fissurer l’opinion et miner la cohésion des forces armées. Aux côtés du président de la Commission nationale des droits de l’homme, Paul Nsapu Mukulu, qui a inspecté un par un les lieux de détention, l’armée a balayé l’idée même d’un secret : les officiers concernés sont « vivants, en bonne santé », placés en « liberté contrôlée » dans des résidences assignées, loin des fantasmes de disparition véhiculés en ligne. Cette communication frontale, quasi offensive, vise à couper court aux discours incendiaires et à rappeler que l’autorité de l’État ne saurait être disputée par les marchands de panique dans un moment crucial pour la cohésion nationale.

L’état-major général des FARDC a voulu mettre fin aux spéculations. Samedi, dans une salle sobre du quartier général militaire à Kinshasa, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée congolaise, a confirmé l’interpellation de plusieurs officiers généraux et supérieurs. Une opération sensible, menée dans un contexte sécuritaire tendu, qui a rapidement fait l’objet de campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.

« C’est vrai, plusieurs officiers des FARDC sont actuellement interpellés. Nous le confirmons. Mais ils le sont pour des faits hautement répréhensibles liés à la sécurité de l’État », a déclaré d’emblée le général Ekenge. Selon lui, ces procédures s’inscrivent dans un cadre strictement légal : « Pour besoin d’investigation approfondie, leur durée de détention est prolongée à la demande du parquet militaire. Les arrestations opérées ne sont pas irrégulières et n’énervent ni la loi ni les droits. »

À mesure que les interpellations étaient connues, un flot de rumeurs s’est abattu sur les réseaux sociaux, certains allant jusqu’à affirmer que les officiers auraient été « liquidés » ou détenus dans des lieux secrets. « Pour ceux qui racontent des histoires autour du lieu de leur détention, qu’ils se rassurent : ils sont assignés à résidence, sous régime de liberté contrôlée et dans des conditions acceptables », a insisté le porte-parole de l’armée.

Une mise au point contre les semeurs de trouble

Cette mise au point n’est pas anodine. À l’heure où la RDC fait face simultanément aux offensives du M23 soutenu par le Rwanda, aux tensions régionales et aux tentatives d’infiltration informationnelle, le commandement militaire voit dans ces rumeurs une offensive politique visant la cohésion nationale. C’est une stratégie bien connue : attaquer l’institution en s’attaquant à ses hommes.

Pour renforcer la crédibilité de la communication officielle, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a mené sa propre visite d’inspection. Son président, Paul Nsapu Mukulu, en a livré un compte rendu sans ambiguïté : « Nous avons reçu des allégations selon lesquelles ces officiers seraient portés disparus, voire déjà “zigouillés”, passez-moi l’expression. Mais tous, je dis bien tous, sont vivants, en bonne santé », a-t-il déclaré.

Selon lui, les conditions de privation de liberté sont « mieux qu’à Makala, par exemple », et respectent le droit de la défense. « Leur droit est égal à celui de tout détenu. Nous nous sommes assurés que la loi est respectée, et elle l’est. »

Une affaire désormais entre les mains de la justice

Les officiers interpellés, placés sous la responsabilité du Centre national de cyberdéfense, sont désormais à la disposition de l’auditeur général des FARDC pour la poursuite de la procédure. « Une fois l’affaire portée devant le juge, les médias auront les détails nécessaires pendant que le procès sera organisé », a assuré le général Ekenge.

En attendant, l’armée appelle à la responsabilité collective et met en garde contre les discours incendiaires. Car, dans le contexte actuel, chaque rumeur est une arme. Ceux qui les propagent participent, consciemment ou non, à la fragilisation de la nation.

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