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17 avril, 2026 - 00:43:53
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Génocides congolais : l’État et l’Église resserrent leurs rangs

Dans un pays meurtri depuis trois décennies par des violences systématiques, la reconnaissance internationale des génocides commis en République démocratique du Congo devient un terrain d’unité rare entre institutions publiques et autorités religieuses. L’audience accordée par le cardinal Fridolin Ambongo au ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, s’inscrit dans une dynamique nouvelle : celle d’un État qui souhaite inscrire la mémoire des crimes et la protection du peuple congolais au cœur de son action diplomatique, et d’une Église catholique qui, de longue date, en porte l’alerte morale. Alors que les résolutions de la Commission africaine des droits de l’homme et de la société civile du continent reconnaissent désormais ces génocides, Kinshasa entend transformer cette avancée politique en mobilisation nationale. La rencontre de Kinshasa, à la fois institutionnelle et symbolique, rappelle que la lutte pour la vérité n’est plus seulement un plaidoyer : c’est un combat collectif pour que le Congo prenne enfin toute sa place sur la scène de la justice internationale.

Le ministre des droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a été reçu, mercredi 26 novembre, par le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, au centre Lindonge. Cette rencontre s’inscrit dans la campagne nationale de vulgarisation des résolutions reconnaissant les génocides commis en République démocratique du Congo, adoptées récemment par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et par la société civile africaine.

Pendant plus d’une heure, les deux personnalités ont longuement échangé sur les implications de ces résolutions, qui établissent les responsabilités du Rwanda dans les massacres perpétrés depuis plus de trente ans en RDC. Pour l’archevêque de Kinshasa, cette avancée diplomatique constitue « une victoire éclatante » pour le président Félix Tshisekedi, appuyé par la première dame Denise Nyakeru, dont l’engagement sur la question des victimes a été salué. Le cardinal a également insisté sur la convergence entre l’Église et l’État, rappelant que la défense des droits humains demeure un pilier de la mission pastorale.

Une dimension politique assumée

« Nous avons rejoint le combat du président de la République », a rappelé le ministre Mbemba, soulignant que ce travail de reconnaissance s’inscrit désormais dans une stratégie nationale, articulée entre la présidence, la première dame et la première ministre. En remettant officiellement les résolutions à l’archevêque, il dit vouloir renforcer un partenariat historique : « L’Église est dans ce combat depuis longtemps. »

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un mouvement populaire : « Il faut que le peuple congolais puisse dire au monde que nous sommes visés, visés d’extermination à cause de nos terres et de nos minerais. » Selon lui, la contribution de l’Église, en particulier dans la sensibilisation des fidèles, est essentielle pour que ce plaidoyer gagne en force et en cohérence nationale.

L’agenda du ministre témoigne de cette volonté de mobilisation large. Il doit recevoir, vendredi 28 novembre, les chefs des confessions religieuses, avant de rencontrer, samedi 29, les organisations de défense des droits humains. Une manière d’inscrire durablement cette question dans l’espace public congolais, bien au-delà des cercles institutionnels.

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