Au-delà des discours habituels sur l’innovation, Kinshasa s’est offert, lors de l’Africa Digital Innovation Summit, une démonstration de méthode : celle d’un État qui entend moderniser ses circuits commerciaux en assumant une transformation administrative d’ampleur. En détaillant la consolidation de la digitalisation de la liasse documentaire et le déploiement du Portail d’informations commerciales, le ministre du commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a mis en lumière un mouvement engagé depuis plusieurs années mais qui atteint aujourd’hui une nouvelle cohérence. Dans un contexte où les coûts logistiques pèsent sur la compétitivité du pays, ces réformes promettent de réduire les délais, d’assurer la transparence des opérations et de sécuriser les recettes publiques. Signe d’un changement structurel, la politique numérique n’est plus cantonnée aux seules technologies : elle devient un outil de souveraineté économique et un levier pour repositionner la RDC dans les échanges mondiaux. L’événement aura surtout montré que cette stratégie n’est plus expérimentale, mais assumée, revendiquée et désormais collective.
Développant mardi 25 novembre, à Kinshasa, le thème « Le numérique comme levier de la promotion du commerce extérieur », le ministre du commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a détaillé l’un des chantiers les plus structurants engagés par le gouvernement : la consolidation de la digitalisation des opérations d’importation, d’exportation et de transit des marchandises.
Au cœur de cette mutation figure la dématérialisation complète de la liasse documentaire, autrefois délivrée en format papier, désormais centralisée dans le Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE). Ce système, déjà opérationnel, rassemble l’ensemble des documents nécessaires au traitement des dossiers et permet d’en suivre la progression en temps réel.
Le ministre a également rappelé la mise en place du Portail d’informations commerciales (PIC), conçu pour offrir à tous les acteurs – producteurs, importateurs et exportateurs – un accès direct à des données fiables et actualisées. Une transparence qui, selon lui, réduit considérablement les coûts, améliore la traçabilité des procédures et sécurise les recettes publiques.
Une réforme numérique assumée comme acte de souveraineté
En appelant à renforcer les sanctions contre les résistances et les pratiques réfractaires, Julien Paluku a insisté sur la dimension politique de cette transformation : pour le gouvernement, la digitalisation n’est plus un outil ponctuel, mais une arme de gouvernance destinée à fluidifier les échanges et à assainir les circuits financiers.
« Ces réformes contribuent à réduire les délais, à garantir la transparence et à protéger l’État », a-t-il souligné, en plaidant pour une application rigoureuse des nouveaux standards.
La séance a rassemblé, aux côtés du ministre, la ministre d’État à l’Éducation nationale et à la Nouvelle citoyenneté, Raisa Malu, ainsi que le ministre de l’économie numérique, Augustin Kibassa. Tous ont défendu l’idée d’une transformation digitale souveraine, portée par des politiques publiques cohérentes et par une génération de jeunes entrepreneurs congolais et africains, très présents au sommet.
L’Africa Digital Innovation Summit, qui réunit divers acteurs du numérique, aura ainsi servi de vitrine à une ambition : ancrer la RDC dans une économie ouverte, compétitive et maîtrisée, où le numérique devient le langage commun de l’action publique et du commerce international.
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