Il aura fallu près de trois décennies d’instabilité, de méfiances mutuelles et de négociations avortées pour qu’un accord de cette ampleur voie le jour. Jeudi 4 décembre 2025, Félix Tshisekedi et Paul Kagame s’apprêtent à signer, à Washington, un texte présenté comme la tentative la plus structurée depuis les années 1990 pour pacifier durablement l’Est de la RDC. Sous la médiation directe du président américain Donald Trump, l’accord impose pour la première fois des obligations croisées claires : démantèlement des FDLR côté congolais, retrait des dispositifs défensifs sur le sol congolais côté rwandais, cessation de tout soutien aux groupes armés et mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité. Il crée aussi un espace de coopération économique inédite entre Kinshasa et Kigali, dans une région où les échanges n’ont cessé d’être entravés par la guerre. À quelques heures de la signature, les attentes sont immenses : l’Est du pays n’a jamais été aussi proche d’un tournant, mais la crédibilité de l’accord dépendra de sa mise en œuvre concrète. Washington veut y voir une rupture. Les populations, elles, espèrent enfin une paix qui tienne.
À Washington, sous le parrainage appuyé du président américain Donald Trump, la République démocratique du Congo et le Rwanda s’apprêtent à signer, ce jeudi 4 décembre 2025, un accord de paix que les parties présentent comme décisif pour l’avenir de l’Est congolais. Ce texte, très attendu sur la scène internationale, marque la première articulation claire d’engagements réciproques entre Kinshasa et Kigali depuis le déclenchement des cycles de violence dans les années 1990.
Selon les informations rendues publiques, l’accord repose sur quatre piliers : respect de l’intégrité territoriale, neutralisation des groupes armés, désengagement militaire et relance de la coopération bilatérale.
Un cadre politico-sécuritaire contraignant, inédit depuis trois décennies
Le document impose à la RDC de neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé historiquement utilisé comme justification régionale des interventions rwandaises. En contrepartie, Kigali doit lever l’ensemble de ses mesures défensives sur le territoire congolais, mettant fin à une présence militaire non reconnue par Kinshasa et fréquemment dénoncée par les organisations internationales.
Les deux États s’engagent à cesser toute hostilité directe ou indirecte, notamment en s’abstenant de soutenir, financer ou tolérer des incursions de groupes armés susceptibles de porter atteinte à la paix ou à la souveraineté de l’autre. Une obligation qui, dans la région, revêt une portée politique déterminante.
L’accord prévoit par ailleurs le désarmement des groupes armés non étatiques opérant dans l’Est du pays. Une intégration conditionnelle pourra être envisagée, sous supervision internationale, pour les combattants qui acceptent de déposer les armes.
Autre innovation majeure : la création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, construit sur le Concept des Opérations (CONOPS). Ce mécanisme s’appuie sur un cadre d’échange de renseignements élaboré lors des discussions de Luanda en octobre 2024, afin d’améliorer la lisibilité des actions militaires et de prévenir tout malentendu stratégique.
Au-delà de la sécurité, le texte instaure un socle de coopération économique bilatérale. Kinshasa et Kigali s’engagent à réhabiliter leurs corridors commerciaux, à fluidifier la circulation des biens et à renforcer la collaboration dans les secteurs transfrontaliers. Une dimension longtemps paralysée par l’insécurité, mais considérée comme essentielle à la stabilité de long terme.
Pour Washington, qui a supervisé la médiation, cet accord devrait ouvrir « une nouvelle séquence » dans la région. Restera à en vérifier l’application, souvent point faible des initiatives passées. Mais pour la première fois depuis longtemps, la dynamique diplomatique semble converger avec les attentes d’une population épuisée par la guerre.
Pitshou Mulumba, Envoyé spécial à Washington DC

