La Journée internationale des personnes handicapées a pris, cette année, un relief singulier en République démocratique du Congo. À Kinshasa, où s’est tenue la cérémonie officielle, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a voulu inscrire son action dans la continuité d’un engagement politique présenté comme irréversible : bâtir une société qui ne laisse « personne derrière ». Devant plusieurs centaines de participants et une large représentation de partenaires internationaux, elle a réaffirmé la volonté du Gouvernement de transformer les avancées législatives en réalités tangibles pour les citoyens concernés. En insistant sur l’autonomisation, l’accessibilité et l’inclusion économique, la cheffe du Gouvernement a rappelé que cette priorité s’inscrit au cœur du Programme d’Actions 2024-2028 et répond aux attentes d’une communauté longtemps marginalisée. Mais elle a aussi assumé la nécessité d’accélérer le rythme, à l’heure où la modernisation des services publics et la lutte contre les discriminations deviennent des marqueurs essentiels de la nouvelle gouvernance congolaise.
La République démocratique du Congo a célébré mercredi la Journée internationale des personnes vivant avec handicap lors d’une cérémonie officielle présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Au Pullman Hôtel, plusieurs centaines de participants, dont des représentants de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Nations unies, ont assisté à un événement placé sous le signe de la réaffirmation de l’engagement gouvernemental.
Dans son allocution, la cheffe du Gouvernement a souligné que l’inclusion sociale constituait l’un des axes structurants de la vision portée par le président Félix Tshisekedi. « Je voudrais réitérer la détermination et l’engagement du Gouvernement à rendre effective la vision du Président de la République », a-t-elle déclaré, citant les réformes déjà engagées pour l’autonomisation, l’accessibilité et la prise en compte des besoins spécifiques des personnes vivant avec handicap.
Inclusion, équité et modernisation de l’État
Pour Judith Suminwa, l’inclusion ne relève plus du discours mais d’un impératif de gouvernance. Elle a rappelé que les six axes du Projet de société du Chef de l’État exigent l’implication de toutes les catégories sociales et reposent sur le soutien constant de partenaires extérieurs. La prochaine étape, a-t-elle annoncé, sera l’implémentation de projets structurants en 2026, notamment le développement du handipreneuriat en collaboration avec des acteurs privés tels que la Fondation Vodacom et son programme « Je suis Cap », appelé à devenir un modèle d’intégration économique.
Ces engagements s’inscrivent directement dans le Pilier IV du Programme d’Actions du Gouvernement, relatif à l’accès aux services de base, tout comme dans le Pilier V, consacré à la modernisation des services publics et à l’égalité des chances.
Intervenant en tant que tutrice du secteur, la ministre déléguée Irène Esambo Diata a décrit une réalité encore marquée par des « précarités indignes ». Elle a dénoncé des centres d’hébergement inadaptés et l’absence d’infrastructures accessibles, y compris dans l’administration publique. « Nous avons encore des agents handicapés qui travaillent dehors faute d’espaces adaptés », s’est-elle indignée, estimant qu’il était temps de « détruire certaines précarités et construire autrement ».
Au nom de la communauté des personnes handicapées, leur représentant Martin Lusambila a salué les progrès récents, dont l’intégration de plus de 2 000 personnes dans l’administration, tout en rappelant les défis persistants : insuffisance de l’accessibilité, faible taux de scolarisation, chômage élevé. Les partenaires étrangers présents ont, eux aussi, insisté sur l’importance de poursuivre les réformes, notamment dans l’éducation inclusive, la protection sociale et l’accessibilité humanitaire.
Pour la RDC, cette journée aura donc servi de tribune pour réaffirmer une ambition politique nouvelle : construire une société réellement inclusive, où les droits des personnes vivant avec handicap ne sont plus un sujet périphérique mais un levier de transformation nationale.
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