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9 mars, 2026 - 07:02:21
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Uvira sous contrôle rwandais : la tribune de Steve Mbikayi ébranle l’ONU

L’entrée des forces rwandaises et du M23 à Uvira, en violation directe de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, a inspiré à Steve Mbikayi une tribune au vitriol qui interroge la crédibilité même du système multilatéral. En citant la célèbre formule de Charles de Gaulle qualifiant l’ONU de « machin », l’ancien ministre congolais dénonce l’incapacité persistante de l’organisation à garantir le respect du droit international, alors même qu’un État membre mène une opération militaire sur le territoire d’un autre. L’auteur s’interroge sur la portée réelle de l’accord de Washington, signé sous l’impulsion du président américain Donald Trump, et déjà vidé de sa substance après les violations répétées de Kigali. Pour Mbikayi, le moment impose à la RDC de hausser le ton, de réclamer une session spéciale du Conseil de sécurité et d’exiger des sanctions contre le Rwanda. Sa tribune, résolument offensive, invite le pays à rompre avec la résignation, à défendre sa souveraineté et à renouer avec l’ambition stratégique qui fut jadis celle du Zaïre au cœur de l’Afrique centrale.

Ci-dessous la Tribune Libre

L’ONU : un machin face à l’évidence 

Ce 10 décembre 2025, Uvira est passé sous contrôle rwandais.

En 1960, Charles de Gaulle lançait cette phrase devenue proverbiale : « L’ONU est un machin  » dénonçant une organisation souvent incapable d’assumer la mission qu’elle se proclame : préserver la paix, protéger les peuples, réprimer l’agression. Plus de soixante ans plus tard, l’actualité en République démocratique du Congo rend cette déclaration encore plus actuelle.

Ce mercredi, alors que la résolution 2773 du Conseil de sécurité reconnaît explicitement l’implication du Rwanda dans le conflit et exige le retrait immédiat de ses troupes, les forces rwandaises, aux côtés du M23, viennent de faire leur entrée à Uvira. L’acte est d’une clarté limpide . Et nous ne cesserons jamais de le dire : un État membre de l’ONU poursuit une opération militaire sur le territoire d’un autre État membre, sous couvert d’une insurrection instrumentalisée par Kigali pour masquer sa responsabilité directe.

Dès lors, une question s’impose. À quoi aura servi l’accord signé le 4 décembre, conclu sous l’égide des États-Unis et présenté tambour battant comme un tournant diplomatique ? Comment comprendre qu’au lendemain d’une signature si médiatisée, la guerre non seulement se poursuive, mais s’amplifie ? Et quelle image le président Trump offre-t-il au monde lorsqu’un accord qu’il a personnellement parrainé s’effondre dès le premier choc du réel ?

Loin d’obtempérer, le Rwanda poursuit sa stratégie d’escalade militaire, comme l’illustre l’entrée de ses troupes à Uvira. Cette situation interroge profondément la crédibilité de l’ONU. À quoi sert une résolution si elle n’est ni suivie d’enquête, ni assortie de sanctions, ni dotée d’un mécanisme de contrainte ? C’est ici que résonne encore la formule de de Gaulle : un  » machin  » qui parle, constate, regrette… mais laisse faire.

Il ne s’agit pas ici de se plaindre, mais d’assumer une parole de responsabilité. La RDC ne peut se résigner à voir les textes diplomatiques se multiplier alors que la situation sur le terrain se dégrade. Notre pays a manifesté sa bonne foi ; il a accepté de dialoguer, de négocier et d’écouter même ceux qui l’agressent. En retour, il assiste au déploiement renouvelé de troupes étrangères sur son sol, une agression directe maquillée en insurrection.

Si l’ONU veut encore convaincre qu’elle n’est pas ce  » machin  » impuissant que De Gaulle dénonçait, elle doit agir maintenant avec force et clarté. Les faits sont établis, les preuves confirmées, la résolution 2773 existe. Ce qui manque, c’est la volonté coercitive d’imposer le droit.

La RDC doit appeler à la convocation urgente d’une session spéciale du Conseil de sécurité, afin d’adopter une nouvelle résolution reconnaissant sans ambiguïté l’agression rwandaise, mettant fin au subterfuge de l’  » insurrection interne  » nommée M23, et ordonnant explicitement le retrait des troupes rwandaises, sous contrôle de la MONUSCO, assorti de sanctions ciblées en cas de récidive.

Notre devoir est de protéger le peuple congolais et de défendre la souveraineté nationale sans jérémiades. Malheureusement, les années AFDL ont permis à un voisin belliqueux de s’infiltrer dans notre armée et nos services de sécurité, affaiblissant le Congo et tentant de l’humilier. L’heure vient où le géant d’Afrique va se relever, reprendre sa place au cœur de l’Afrique et affirmer son rôle de gendarme capable de rétablir la paix et la stabilité dans la sous-région comme à l’époque du Zaïre; quand les Forces armées zaïroises étaient appelées au secours au Rwanda, au Tchad, en Angola et partout ailleurs.

Nous n’avons aucune raison de nous résigner : l’histoire et la grandeur du Congo nous donnent l’espoir et la force d’espérer.

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