La vieille cité portuaire de Boma, au sud-ouest de la République démocratique du Congo, tente de se relever après la pluie torrentielle qui s’est abattue mercredi, laissant derrière elle un paysage d’habitations effondrées, de biens emportés et d’infrastructures publiques gravement endommagées. Plusieurs vies ont été perdues, selon les premières évaluations des autorités locales. Tandis que les sinistrés cherchent encore à récupérer ce qui peut l’être, les premières délégations provinciales et nationales affluent dans la ville. Matadi a dépêché ses équipes dès les premières heures, bientôt rejointes par des représentants venus de Kinshasa. L’arrivée annoncée des ministres des infrastructures et des affaires humanitaires marque un tournant attendu dans la prise en main de la situation et la mise en œuvre des premiers appuis d’urgence.
Les secouristes et volontaires continuaient, jeudi, de parcourir les quartiers les plus touchés de Boma après les pluies diluviennes qui ont frappé la ville la veille. Les dégâts matériels sont considérables : plusieurs maisons se sont écroulées, entraînant la perte de meubles, de documents administratifs et d’effets personnels, tandis que des tronçons de routes, des canalisations et certaines infrastructures publiques sont soit détruits, soit sévèrement menacés.
Les premières estimations, encore parcellaires, font état de disparitions et de pertes en vies humaines. Les autorités locales évoquent un « choc urbain majeur », conséquence directe d’un épisode pluvieux exceptionnel dans une ville confrontée à une urbanisation rapide et à une absence criante d’infrastructures de drainage.
Très tôt, les délégations provinciales venues de Matadi ont rejoint les équipes locales pour dresser un premier état des lieux. Dans la journée, plusieurs experts dépêchés depuis Kinshasa ont également atterri à Boma afin d’appuyer les évaluations techniques, notamment sur la stabilité des sols et la sécurisation des zones encore à risque.
L’État sous pression pour une réponse rapide
L’ampleur des dégâts a poussé le gouvernement à réagir. Selon des sources administratives, le ministre des infrastructures et son homologue des affaires humanitaires sont attendus à Boma « dans les prochaines heures ». Leur déplacement doit marquer le début d’une intervention coordonnée visant à apporter un soutien immédiat aux victimes, à lancer les travaux de stabilisation et à définir un plan de prévention pour éviter de nouvelles tragédies.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les épisodes climatiques extrêmes se multiplient dans plusieurs villes congolaises, mettant à nu la fragilité des réseaux urbains et la faiblesse des politiques d’aménagement. « Nous devons renforcer l’État là où il protège les populations », insiste un haut responsable provincial, qui plaide pour un programme de résilience urbain spécifique au littoral.
Dans les quartiers sinistrés, les habitants s’organisent en attendant l’aide publique. Entre maisons éventrées et rues transformées en ravins, la solidarité locale reste le premier filet social. Mais tous savent que la reconstruction dépendra de l’engagement des autorités nationales.
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