Dans un pays où 27 millions de personnes vivent dans l’incertitude de leur prochain repas, le Programme alimentaire mondial (PAM) a choisi d’appeler directement le secteur privé à la rescousse. Réunis jeudi à Kinshasa autour d’une table ronde consacrée à la résilience et à l’inclusion économique, des entreprises, des organisations professionnelles et des acteurs humanitaires ont exploré les pistes d’un engagement durable aux côtés du PAM. L’objectif : dépasser les interventions ponctuelles, forger de véritables chaînes de partenariat et bâtir des solutions capables de réduire l’impact des crises alimentaires chroniques. En dressant un tableau sans détour de la situation nationale, les responsables du PAM ont rappelé que la lutte contre l’insécurité alimentaire exige une mobilisation collective dépassant les cercles institutionnels traditionnels.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a réuni jeudi, dans la capitale congolaise, une large délégation d’acteurs économiques et humanitaires pour une table ronde consacrée au rôle du secteur privé dans le renforcement de la résilience des populations vulnérables. Sous le thème : « Renforcer la résilience et l’inclusion économique en RDC, mobilisation du secteur privé pour des partenariats durables avec le PAM », les discussions ont mis en lumière l’urgence d’une coopération structurée face aux défis humanitaires persistants.
Devant les représentants d’entreprises locales et internationales, d’associations professionnelles et de partenaires publics, Ollo Sib, directeur adjoint du PAM en RDC, a dressé un constat alarmant. « Nous avons environ 27 millions de personnes en insécurité alimentaire. Chaque jour, 27 millions de nos concitoyens ne savent pas avec certitude s’ils auront de quoi manger. C’est avec ces 27 millions de personnes que nous travaillons », a-t-il déclaré, insistant sur l’ampleur de la tâche.
Selon le PAM, la contribution du secteur privé ne doit plus se limiter à des appuis ponctuels. Les discussions ont porté sur l’identification d’opportunités de partenariat à long terme : logistique, chaînes d’approvisionnement, transformation agroalimentaire, solutions numériques ou encore financement de programmes communautaires. Les participants ont également partagé des expériences de terrain, notamment sur les outils d’inclusion économique destinés aux ménages ruraux.
Un appel au sursaut collectif
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les crises humanitaires se chevauchent dans plusieurs provinces du pays : déplacements massifs, perturbations agricoles, flambée des prix alimentaires et changement climatique. Pour les organisateurs, le gouvernement, les bailleurs et les entreprises doivent désormais agir de manière complémentaire.
« Nous ne pouvons plus répondre seuls à des besoins d’une telle magnitude », confie un cadre du PAM, plaidant pour une « coalition opérationnelle » capable de soutenir durablement les programmes de résilience, au-delà des urgences.
L’approche est bien accueillie par certains acteurs économiques présents, qui voient dans cette collaboration une manière d’ancrer les entreprises dans les dynamiques locales, tout en contribuant au développement de chaînes de valeur résilientes.
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