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19 janvier, 2026 - 00:04:07
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Main noire sur Esco Kivu : quand la rumeur s’attaque à un pilier du cacao congolais

Les campagnes de discrédit suivent souvent les trajectoires de réussite. Depuis plusieurs jours, la société Esco Kivu Sarl, acteur central de la filière cacao dans l’Est de la République démocratique du Congo, fait l’objet d’accusations relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, l’accusant à tort de non-paiement de taxes liées à l’exportation du cacao à Beni et en Ituri. À y regarder de près, ces allégations ne reposent sur aucun élément factuel vérifié. Elles surviennent dans un contexte où la filière cacao congolaise gagne en visibilité internationale et où les enjeux économiques, sociaux et politiques autour de l’agriculture de rente se font plus aigus. Derrière le bruit médiatique, une réalité s’impose pourtant : Esco Kivu opère depuis des années dans un cadre réglementaire reconnu, en collaboration avec les services de l’État, tout en structurant une chaîne de valeur qui fait vivre des dizaines de milliers de producteurs. Enquête sur une controverse qui en dit long sur les fragilités, mais aussi sur les promesses, de l’économie agricole congolaise.

Des publications circulant sur les réseaux sociaux et reprises par certains médias accusent Esco Kivu Sarl d’être impliquée dans une prétendue affaire de non-paiement des taxes et redevances dues à l’État congolais dans le cadre de l’exportation du cacao, notamment dans la région de Beni, au Nord-Kivu, et en Ituri.

Ces accusations, présentées sans documents officiels ni décisions administratives à l’appui, relèvent davantage de l’affirmation péremptoire que de l’information étayée. À ce jour, aucune sanction, aucun contentieux fiscal ou douanier formel n’a été notifié à l’entreprise par les autorités compétentes.

Une entreprise installée de longue date dans la légalité

Créée et active depuis plusieurs années, Esco Kivu Sarl s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs de l’exportation du cacao congolais. Sa réputation repose précisément sur le respect des normes en vigueur, tant en matière fiscale que réglementaire.

Selon les éléments disponibles, l’entreprise s’acquitte régulièrement des taxes et redevances exigées par l’État, en lien avec les services concernés, notamment l’Office national des produits agricoles du Congo (Onapac). Contrairement aux insinuations véhiculées, aucune rupture de collaboration n’est signalée entre Esco Kivu et l’Onapac, en particulier dans le secteur de Beni.

Derrière la rumeur, une tentative de déstabilisation économique

Dans un environnement économique fragile, où la filière cacao représente une alternative crédible à l’économie minière, toute entreprise structurante devient une cible potentielle. Les accusations portées contre Esco Kivu apparaissent ainsi comme une campagne de sape visant à ternir l’image d’une société bien implantée, au risque de semer la discorde entre acteurs publics et privés engagés dans la même chaîne de valeur.

Au-delà des polémiques, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Esco Kivu Sarl encadre aujourd’hui plus de 46 000 agriculteurs planteurs de cacao au Nord-Kivu et en Ituri. L’entreprise investit dans la formation aux bonnes pratiques agricoles, l’amélioration des rendements, la qualité des fèves, la protection de l’environnement et le respect des conditions sociales des ouvriers agricoles.

Cette approche intégrée permet aux producteurs congolais de répondre aux exigences de la certification internationale et d’accéder aux marchés européens, américains et asiatiques, jusque-là difficiles d’accès.

Une traçabilité conforme aux standards internationaux

Loin des circuits opaques souvent dénoncés dans le commerce des matières premières, Esco Kivu a mis en place un système rigoureux de traçabilité : identification des producteurs, cartographie des plantations, géolocalisation des parcelles et suivi agronomique sur le terrain.

Ce dispositif garantit non seulement la conformité aux normes internationales, mais aussi la crédibilité du cacao congolais sur des marchés de plus en plus exigeants en matière de transparence et de durabilité.

Si la production et l’exportation de cacao de la RDC connaissent aujourd’hui une croissance notable au Nord-Kivu et en Ituri, cette dynamique doit beaucoup à la promotion active de cette culture depuis le début des années 2000 par Esco Kivu Sarl.

En créant des marchés de proximité dans les zones rurales, l’entreprise a contribué à stabiliser les revenus des producteurs et à structurer une filière longtemps marginalisée.

Une action alignée sur la vision nationale

Le travail réalisé par Esco Kivu s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, celle de la « revanche du sol sur le sous-sol », matérialisée notamment par les politiques sectorielles mises en œuvre par le ministère de l’Agriculture.

Connecter les producteurs locaux aux marchés internationaux via des sociétés privées structurées constitue l’un des leviers essentiels de cette stratégie de diversification économique.

Les attaques contre Esco Kivu Sarl illustrent, en creux, les tensions qui entourent la montée en puissance de l’agriculture d’exportation en RDC. À mesure que cette filière gagne en valeur, elle attise convoitises, rivalités et campagnes de désinformation.

Face à ces dérives, une exigence s’impose : celle du débat fondé sur des faits, et non sur des insinuations. Car fragiliser un acteur clé sans preuves solides, c’est fragiliser toute une chaîne de producteurs et, au-delà, un pan stratégique de l’économie nationale.

M.B

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