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9 mars, 2026 - 06:37:08
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De la scène internationale au front intérieur : la RDC en 2025

L’année 2025 aura marqué un tournant assumé pour la République démocratique du Congo. Face à une crise sécuritaire persistante à l’Est et à un environnement international mouvant, Kinshasa a choisi de sortir d’une posture strictement défensive pour investir pleinement le champ diplomatique, politique et institutionnel. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, la RDC s’est affirmée sur les grandes scènes internationales, multipliant initiatives, accords stratégiques et plaidoyers en faveur de la paix, de la reconnaissance des crimes de masse et du développement. Parallèlement, la vie politique interne a connu des secousses majeures, de la recomposition de la direction de l’Assemblée nationale à l’institutionnalisation du Génocost comme cadre mémoriel et politique. Entre diplomatie proactive, recherche d’alliances et réajustements internes, 2025 apparaît comme une année charnière, posant les jalons d’une nouvelle séquence pour l’État congolais à l’horizon 2026.

Une diplomatie offensive comme ligne directrice

En 2025, la diplomatie congolaise a changé de tempo. Dans son dernier discours sur l’état de la Nation, le président Félix Tshisekedi a revendiqué une action extérieure « offensive et proactive », rompant avec une approche exclusivement défensive face à l’agression rwandaise. L’objectif est clair : repositionner la RDC sur l’échiquier international, diversifier ses partenariats et faire entendre sa voix dans les enceintes où se façonnent les rapports de force mondiaux.

Cette orientation s’est traduite par une intense activité diplomatique. Kinshasa a accueilli plusieurs visites de haut niveau, notamment celles des présidents de la Guinée-Bissau, du Burundi et d’Israël, de l’Émir de l’État du Qatar, ainsi que du ministre d’État des Affaires étrangères des Émirats arabes unis. Chaque rencontre a donné lieu à des accords ciblés, touchant à des secteurs stratégiques : défense, numérique, agriculture, énergie, transport maritime, jeunesse et sport. Une diplomatie d’intérêts, assumée et structurée.

Kinshasa au cœur des équilibres régionaux

La tenue à Kinshasa du 9ᵉ sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a constitué l’un des temps forts de l’année. Le transfert de la présidence tournante à Félix Tshisekedi a renforcé la visibilité régionale de la RDC et consacré son retour comme acteur central des dynamiques de sécurité et de coopération dans les Grands Lacs. Un signal politique fort, à l’heure où les tensions transfrontalières demeurent vives.

La RDC sur les grandes scènes mondiales

Au-delà de la région, la diplomatie congolaise s’est projetée dans les grandes enceintes internationales. À la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État a plaidé pour la reconnaissance internationale des génocides subis par les populations congolaises depuis trois décennies. À la COP-30, à Belém, il a défendu l’effectivité du financement climatique de 300 milliards de dollars et dénoncé l’« écocide international ». Un discours qui lie sécurité, justice climatique et développement, dans une approche globale.

Les visites d’État du président congolais au Kazakhstan, en Égypte et en Serbie ont, quant à elles, permis de relancer des partenariats anciens et d’en nouer de nouveaux, notamment dans les domaines de la défense, de l’agriculture, du numérique, des mines et de l’éducation. Autant de leviers mobilisés pour soutenir la reconstruction et la diversification économique du pays.

Washington, un tournant stratégique

L’année 2025 restera aussi marquée par la signature, aux États-Unis, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, sous la médiation du président américain Donald Trump. Pour Kinshasa, ce texte a ouvert une nouvelle séquence diplomatique, qualifiée de tournant majeur dans la quête de la paix à l’Est.

Dans la foulée, un accord économique stratégique et un mémorandum d’entente sécuritaire ont été conclus entre la RDC et les États-Unis, consacrant un approfondissement inédit du partenariat bilatéral. Ces engagements s’inscrivent dans la dynamique mondiale de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et de renforcement de la gouvernance du secteur extractif, un enjeu central pour l’économie congolaise.

Réformes internes et chantiers sociaux

Sur le plan interne, 2025 a également été jalonnée d’initiatives structurantes : lancement de la campagne agricole 2025-2026, inauguration d’infrastructures sanitaires, industrielles et universitaires, organisation de tables rondes sur l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat et les conditions de travail des fonctionnaires. Autant de signaux d’une volonté de lier action extérieure et transformation intérieure.

Secousses politiques au Parlement

L’année s’est toutefois distinguée par une recomposition majeure à l’Assemblée nationale. La démission de Vital Kamerhe de la présidence de la Chambre basse, sur fond de contestation interne et de pétition initiée par des députés de l’Union sacrée de la Nation, a marqué un moment de tension institutionnelle. Accusé de gestion défaillante et de manque de transparence, Kamerhe a choisi de se retirer à la veille d’une motion de destitution.

Son successeur, Aimé Boji, élu le 13 novembre 2025 avec une large majorité, a promis de restaurer l’autorité et l’efficacité du Parlement, de renforcer le travail législatif et de contribuer, par l’action parlementaire, à la recherche de solutions durables pour la paix.

Le Génocost, une mémoire institutionnalisée

Enfin, 2025 a consacré l’ancrage institutionnel du Génocost. Le 2 août, lors de la Journée nationale commémorative, le président Tshisekedi a appelé le Parlement à adopter une résolution reconnaissant officiellement les génocides commis sur le sol congolais. Un acte présenté comme souverain, politique et mémoriel.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé que le Génocost dépasse la seule question des réparations pour s’inscrire dans une démarche de vérité, de justice et de non-répétition. Pour les autorités, l’adoption d’une telle résolution constituerait une étape décisive dans la construction d’une mémoire nationale partagée et dans le plaidoyer international en faveur des victimes.

À l’heure du bilan, 2025 apparaît comme une année de bascule : diplomatie assumée, accords stratégiques, recompositions politiques et affirmation mémorielle. Autant de lignes de force qui dessinent les priorités de 2026, annoncée comme l’année de la mise en œuvre concrète des engagements pris.

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