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12 octobre, 2026 - 02:25:26
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La Cénco face à 30 ans d’agression rwandaise : du silence pastoral au mercenariat [Tribune de Jean-Louis Tshimbalanga]

Entre prudence diplomatique, neutralité morale et éloignement de la vocation prophétique

Il existe un Accord-cadre officiel signé à la Cité du Vatican le 20 mai 2016, entre le Saint-Siège (le Vatican) et la RDC, notamment sur des matières d’intérêt commun.

Cet Accord-cadre fixe un cadre juridique pour les relations mutuelles entre l’État congolais et l’Église catholique. Il reconnaît l’indépendance et l’autonomie respectives de l’Église et de l’État. Il établit la position juridique de l’Église catholique dans la sphère civile congolaise, ainsi que sa liberté d’activité apostolique et de régulation de ses affaires internes. Il couvre des domaines tels que l’éducation catholique, l’enseignement de la religion, les œuvres caritatives et sociales, la pastorale dans les armées, les prisons et les hôpitaux, le régime fiscal et patrimonial, ainsi que les règles de visa et de séjour pour le personnel religieux.

En revanche, cet accord-cadre n’accorde aucune immunité aux Evêques ou aux membres du clergé. Toute infraction commise dans le cadre civil ou public relève pleinement de la loi congolaise et de la compétence de ses tribunaux. L’État congolais conserve donc le droit d’enquêter, de poursuivre et de juger.

Les évêques de la CENCO restent donc soumis à la loi congolaise, aucune de leurs infractions civiles ou pénales n’est couverte par l’Accord-cadre avec le Saint-Siège.

A cet effet, les actions politiques ou prises de position de la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) relèvent d’organisations humaines et institutionnelles, et n’impliquent pas automatiquement la vocation spirituelle et pastorale de la prestigieuse Église catholique romaine. La vocation de l’Église est avant tout religieuse, morale et spirituelle, annoncer l’Évangile, accompagner les fidèles, promouvoir la justice et la paix selon les principes chrétiens.

Trente ans de guerre, de massacres, de déplacements massifs et de territoires occupés ont laissé la République démocratique du Congo exsangue. Face à cette tragédie prolongée, une question s’impose, douloureuse mais légitime : comment comprendre le silence, les prudences et les ambiguïtés de la direction de la Conférence épiscopale nationale du Congo ?

Interroger ce silence n’est ni un procès contre la foi catholique ni une attaque contre l’Église comme communauté de croyants. C’est un appel à la vérité évangélique, à la responsabilité morale et à la vocation prophétique qui ne peut s’accommoder durablement de l’injustice, de l’agression et du sang versé.