La scène se répète à chaque saison des pluies. À Lubumbashi, la rivière Tshamalale déborde, envahit le marché éponyme et fige l’activité commerciale. Dimanche soir, une nouvelle averse a suffi pour transformer les allées marchandes en étendues d’eau stagnante, laissant derrière elle marchandises endommagées, pertes financières et inquiétudes sanitaires. Dans ce quartier en pleine expansion, les commerçants dénoncent une situation devenue chronique, alimentée par l’occupation anarchique des berges et des infrastructures inadaptées. Leurs témoignages dessinent un même constat : sans curage du cours d’eau et sans aménagements durables, chaque pluie continuera de menacer les moyens de subsistance de centaines de familles. Au-delà du fait divers, ces inondations interrogent la capacité des autorités urbaines à anticiper et encadrer la croissance de la ville face aux risques climatiques.
À Lubumbashi, la pluie ne tombe plus sans conséquences. Dimanche soir, une nouvelle averse a suffi à faire sortir la rivière Tshamalale de son lit, inondant le pont, la chaussée et une large partie du marché du même nom. Lundi 29 décembre, le constat est sans appel : étals désertés, marchandises abîmées, activités commerciales au ralenti dans l’un des marchés les plus fréquentés de ce secteur de la ville.
Situé dans une zone récemment lotie et en pleine expansion, le marché Tshamalale concentre une activité intense. Mais il se trouve aussi en première ligne face aux débordements récurrents de la rivière. Selon les témoignages recueillis sur place, ces inondations seraient aggravées par des constructions anarchiques sur les berges et par la configuration du pont, dont les dispositifs filtrants piègent sachets plastiques et déchets solides. Résultat : l’eau stagne, déborde et se répand dans les allées du marché.
À quelques mètres du cours d’eau, Joséphine Nkulu, vendeuse de charbon, tente de sauver ce qui peut l’être. « Plus de dix sacs de braise sont mouillés. J’ai perdu près de deux millions de francs congolais. Les clients refusent d’acheter, je risque même de perdre mon capital », explique-t-elle, assise près de son fils en uniforme scolaire. Comme elle, de nombreux commerçants voient leurs revenus fondre à chaque épisode pluvieux.
Des pertes économiques immédiates
Mme Salima, tenancière d’un petit restaurant au cœur du marché, décrit une situation devenue intenable. « Mon restaurant est inondé depuis la nuit. Je ne peux plus travailler, pourtant je loue cet espace et j’ai des enfants à l’université », confie-t-elle. Elle évoque aussi les risques sanitaires liés aux eaux stagnantes, où prolifèrent têtards et impuretés, provoquant démangeaisons et inquiétudes chez les riverains.
Même angoisse chez Freddy Lumbala Numbi, revendeur de friperie. « Le sol reste humide. Si les habits prennent l’humidité, personne ne s’arrêtera ici pour acheter », redoute-t-il. Dans ce marché à ciel ouvert, la pluie n’est plus un simple aléa climatique : elle devient un facteur de paralysie économique.
Face à cette situation, les marchands réclament des mesures concrètes. Le curage régulier de la rivière, la libération de ses berges et la reconfiguration des infrastructures sont cités comme des urgences. Au-delà des dégâts immédiats, c’est la question de la gestion urbaine et de la prévention des risques qui est posée dans une ville comme Lubumbashi, confrontée à une croissance rapide et à des épisodes climatiques de plus en plus intenses.
Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

