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22 mai, 2026 - 03:13:56
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Génocides en RDC : le gouvernement valide une stratégie nationale de plaidoyer pour la reconnaissance internationale

La démarche est politique, méthodique et assumée. Le 30 décembre, à Kinshasa, le gouvernement congolais a franchi une étape décisive en validant la stratégie nationale de plaidoyer sur la reconnaissance des génocides commis en République démocratique du Congo. Piloté par le ministère des Droits humains, le document vise à structurer l’action de l’État, sur le plan interne comme à l’international, pour faire reconnaître des crimes de masse perpétrés depuis plus de trois décennies. En arrière-plan, une instruction présidentielle donnée en juillet 2025 et désormais traduite en feuille de route opérationnelle. Autour de cette stratégie, institutions publiques, experts et mécanismes de justice transitionnelle ont convergé, avec l’ambition de replacer la mémoire, la vérité et la responsabilité au cœur de l’agenda diplomatique congolais. Au-delà du symbole, Kinshasa entend se doter d’un instrument de plaidoyer durable, capable d’articuler reconnaissance, justice et réparation, tout en renforçant sa position sur la scène internationale.

Le calendrier n’est pas anodin. Le gouvernement congolais a choisi de poser un jalon structurant sur un dossier sensible et longtemps relégué aux marges du débat international. Mardi 30 décembre, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a présidé la réunion consacrée à la validation de la stratégie nationale de plaidoyer pour la reconnaissance des génocides commis en République démocratique du Congo.

Autour de la table, des délégués et experts du FONAREV et de la CIA-VAR, mobilisés pour apporter les dernières retouches à un document appelé à structurer l’action de l’État. Le ministre en a présenté l’économie générale, insistant sur sa portée : permettre à la RDC de conduire un plaidoyer coordonné, au niveau national et international, afin d’obtenir la reconnaissance des génocides perpétrés sur son territoire.

Cette initiative s’inscrit dans une séquence politique précise. Lors de la 53ᵉ réunion du Conseil des ministres, le 25 juillet 2025, le président Félix Tshisekedi avait instruit le gouvernement d’élaborer une telle stratégie. Cinq mois plus tard, le document est validé, signe d’une volonté de transformer une orientation politique en instrument opérationnel.

Structurer le plaidoyer, renforcer la position diplomatique

À la sortie de la réunion, le directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, a souligné qu’après plusieurs semaines de travail, le pays disposait désormais d’une stratégie nationale en matière de reconnaissance des génocides commis en RDC. Une avancée qu’il présente comme une réponse directe à l’instruction présidentielle.

Au-delà de l’architecture du document, l’enjeu est clair : inscrire durablement la question des génocides congolais à l’agenda national et international. Pour Kinshasa, il s’agit à la fois de faire reconnaître les faits, de renforcer sa position diplomatique et d’engager la communauté internationale face à des crimes documentés mais encore insuffisamment reconnus.

La validation de cette stratégie marque ainsi un tournant. Elle consacre une volonté politique d’État et ouvre une nouvelle phase, celle d’un plaidoyer structuré, porté par des institutions identifiées et articulé autour de la mémoire, de la justice et de la responsabilité. Un dossier de fond, que le gouvernement entend désormais défendre sur la durée.

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