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9 mars, 2026 - 06:31:28
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Goma : l’AFC/M23 étouffe la contestation par les arrestations

À Goma, la marche citoyenne annoncée pour le 2 janvier afin de dénoncer la présence rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo n’aura jamais eu lieu. En amont, plusieurs jeunes organisateurs ont été interpellés, entre le 30 décembre et le 1er janvier, dans un climat décrit comme lourdement militarisé. Commerces fermés, carrefours verrouillés, arrestations préventives : la capitale du Nord-Kivu a vécu une journée sous tension, symptomatique de la gouvernance imposée par l’AFC/M23. Pour Kinshasa, ces pratiques confirment une réalité déjà documentée : celle d’un pouvoir de fait qui repose sur la contrainte, la peur et l’étouffement systématique des libertés publiques. Une stratégie sécuritaire qui, loin d’éteindre la contestation, révèle l’ampleur du rejet populaire de l’occupation et fragilise davantage la prétention politique du mouvement rebelle et de ses soutiens.

À Goma, la mobilisation n’a pas eu lieu. Mais la répression, elle, s’est déployée sans attendre. Plusieurs jeunes impliqués dans l’organisation d’une marche pacifique contre la présence rwandaise et les exactions dans l’est de la République démocratique du Congo ont été arrêtés ces derniers jours, selon des sources locales concordantes. Les interpellations, menées entre le 30 décembre et le 1er janvier, ont vidé la contestation de ses visages avant même qu’elle ne s’exprime dans la rue.

Vendredi matin, la ville tournait au ralenti. Aucun rassemblement. Des boutiques closes. Et, à plusieurs carrefours stratégiques, des militaires lourdement armés chargés de dissuader toute tentative de mobilisation. « La ville est surmilitarisée. On arrête tout le monde, avec ou sans motif », confie un habitant joint par téléphone, sous couvert d’anonymat.

La marche, annoncée pour le 2 janvier, visait à dénoncer l’occupation rwandaise et les violences commises contre les civils dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Une mobilisation que les forces de facto avaient promis d’empêcher. Les arrestations préventives semblent en avoir été l’illustration la plus immédiate.

Une gouvernance par la peur

Pour Kinshasa, ces événements s’inscrivent dans un schéma désormais bien identifié. Sur son compte X, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, évoque des « pratiques graves et répétées » destinées à empêcher toute expression pacifique. Il y voit l’installation d’un climat de terreur fondé sur les intimidations, les arrestations arbitraires et la répression préventive.

Le même constat est dressé dans la cité voisine de Sake, où plusieurs jeunes ayant participé à une marche similaire en décembre dernier seraient portés disparus. Pour le gouvernement congolais, ces méthodes traduisent l’incapacité du mouvement rebelle à asseoir une quelconque légitimité politique. La contrainte, souligne-t-on à Kinshasa, ne produit ni adhésion ni reconnaissance durable.

En filigrane, le message est clair : plus l’AFC/M23 verrouille les villes sous son contrôle, plus il expose l’ampleur du rejet populaire. Une population lassée des exactions, des arrestations arbitraires et de la violence quotidienne. Et dont la résistance, même étouffée, continue de s’exprimer.

Dans l’est du pays, le calme apparent de Goma révèle une crispation autoritaire qui confirme la nature du pouvoir exercé dans les zones occupées : un pouvoir sans consentement, maintenu par la force, et de plus en plus contesté par ceux-là mêmes qu’il prétend administrer.

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