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20 janvier, 2026 - 12:46:35
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RDC : la justice défend la légalité des arrestations face aux accusations d’« enlèvements »

Un mot d’ordre : la loi. Face aux critiques suscitées par une série d’interpellations de responsables politiques et militaires, le ministre d’Etat en charge de la Justice a tenu, au cours d’un briefing presse, jeudi 8 janvier, à rappeler le cadre dans lequel agit l’État. « Nous sommes dans un État de droit », a-t-il martelé, soulignant que toute arrestation obéit aux procédures prévues par la législation congolaise. Selon lui, la qualité d’opposant ne confère aucune immunité lorsque des faits susceptibles de constituer une infraction sont relevés.

Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient les accusations, le ministre a également invoqué la législation numérique, rappelant que la diffamation, la désinformation et l’incitation publique peuvent entraîner des poursuites. Un message adressé autant aux militants qu’aux responsables politiques.

Détention administrative et sûreté de l’État

Sur les dossiers liés à la sûreté nationale, Guillaume Ngefa a assumé l’existence de détentions administratives durant la phase d’enquête. Sans citer de noms, il a indiqué que plusieurs officiers généraux, après de longs mois d’investigations, ont été transférés à la prison militaire de Ndolo, en attendant l’ouverture de leurs procès. « Les enquêtes peuvent prendre du temps, mais la justice veille à ce que chaque situation soit régularisée », a-t-il précisé, insistant sur la distinction entre enquête, détention et jugement.

Cette ligne de défense vise à répondre aux accusations d’arbitraire. Le ministre affirme que de nombreuses personnes interpellées ont été libérées faute de preuves, un fait, dit-il, « rarement relayé ». Le rôle de son ministère est présenté comme consultatif et garant de la légalité, sans interférence dans le travail des officiers de police judiciaire.

Opposition, sécurité …

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation de l’ancien président Joseph Kabila, ont été interpellés par les services de renseignement. Le parti est accusé de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, une accusation que ses dirigeants contestent.

Un collectif d’avocats, conduit par Jean Mbuyu, a saisi le ministère de la Justice pour réclamer la libération de certains responsables du parti. En parallèle, plusieurs hauts officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo ont été transférés à Ndolo à l’issue d’une enquête de six mois menée par le Conseil national de cyberdéfense, qui affirme disposer de preuves jugées irréfutables.

Les poursuites visent des chefs d’accusation lourds : complot, trahison, intelligence avec une puissance étrangère, tentative d’assassinat et s’inscrivent dans une dynamique de réorganisation profonde de l’appareil sécuritaire engagée depuis 2025. Pour le gouvernement, il s’agit moins d’une purge politique que d’un resserrement de l’État autour de la légalité et de la sécurité nationale. Une démonstration d’autorité, assumée, dans un pays encore traversé par la guerre et les soupçons de déstabilisation interne.

Infos27

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