Le signal est technique, mais la portée est politique. À Kinshasa, le lancement de l’atelier de validation de l’avant-projet de loi sur la réglementation nationale du commerce extérieur marque une étape structurante dans la stratégie économique de la République démocratique du Congo. Quelques mois après la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC, le pays s’attaque à un chantier longtemps différé : moderniser un cadre légal hérité des années 1970, devenu inadapté à la complexité des flux commerciaux contemporains. Derrière la révision juridique se joue un enjeu plus large : rendre l’action publique lisible, sécuriser les opérateurs, renforcer la compétitivité des exportations et protéger l’industrie locale. À travers cette réforme, Kinshasa cherche moins à aligner ses textes qu’à reprendre la maîtrise de sa politique commerciale, dans un contexte d’intégration régionale accélérée et de pression croissante sur les économies africaines. Le commerce extérieur n’est plus un simple canal d’échanges : il devient un levier stratégique de souveraineté économique.
La République démocratique du Congo a lancé, mercredi 14 janvier 2026, l’atelier de validation de l’avant-projet de loi portant sur la réglementation nationale du commerce extérieur. Deux jours de travaux. Un objectif clair : adapter le droit congolais aux réalités actuelles des échanges internationaux.
Le contexte est déterminant. En juillet dernier, la République démocratique du Congo a ratifié l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce. Une ratification engageante. Elle impose des réformes concrètes. Et rapides.
Autour de la table, l’État et le secteur privé. Experts du ministère du Commerce extérieur. Ministères sectoriels. Douanes. Organisations patronales. La Fédération des entreprises du Congo, la Direction générale des douanes et accises, la FENAPEC. Le choix est assumé : construire une loi partagée, applicable, opérationnelle.
Le texte en discussion n’est pas mineur
Il modifie et complète la loi n°73/009 du 5 janvier 1973, longtemps restée la référence en matière commerciale. Une loi devenue insuffisante face à la diversification des échanges, à la montée du commerce des services et à la multiplication des accords internationaux.
L’avant-projet introduit plusieurs innovations majeures. D’abord, la création d’un cadre permanent de concertation entre tous les acteurs du commerce extérieur. Ensuite, la mise en place d’un comité de coordination et de suivi des accords commerciaux. Un outil attendu pour éviter la dispersion des politiques publiques.
Le texte intègre aussi les réglementations sectorielles liées au commerce des services. Il renforce les mécanismes de contrôle. Et prévoit un régime répressif destiné à assainir le climat des affaires. À l’inverse, il introduit des mesures incitatives pour soutenir les exportations et protéger l’industrie locale.
En donnant le coup d’envoi des travaux, le secrétaire général au Commerce extérieur, Jules Muilu Mbo, s’est exprimé au nom du ministre Julien Paluku Kahongya. L’enjeu, a-t-il souligné, est d’aligner la réglementation nationale sur les instruments juridiques internationaux ratifiés, tout en s’adaptant à la dynamique des opérations d’import-export et de transit.
La simplification des procédures est au cœur de la réforme. Moins de lourdeurs. Plus de clarté. Davantage de prévisibilité pour les opérateurs.
Présent à la cérémonie d’ouverture, le directeur de cabinet du ministre, Beneseth Msafiri Kyakakala, a insisté sur la dimension structurante de l’exercice. Au-delà du droit, c’est une orientation qui se dessine. Faire du commerce extérieur un outil de compétitivité. Et non plus une contrainte administrative.
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