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9 mars, 2026 - 06:45:59
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Laurent-Désiré Kabila vu par Ngoy Kasanji : souvenirs d’un pouvoir habité par l’idée de rupture

La mémoire de Laurent-Désiré Kabila continue de se transmettre par fragments, récits personnels et scènes fondatrices. À l’occasion de la commémoration du 16 janvier, Ngoy Kasanji livre un témoignage rare sur deux rencontres avec l’ancien président. Deux moments, dit-il, qui éclairent une vision : restaurer la souveraineté économique, rompre avec les « antivaleurs » et refonder l’État autour de la discipline et du patriotisme. Au fil des souvenirs, se dessine un chef d’État animé par la volonté de transformer les mentalités, de combattre la corruption et de rendre au Congo la maîtrise de ses richesses. Un récit à hauteur d’homme, entre émotion politique et décisions concrètes, qui rappelle combien l’itinéraire de Kabila demeure au cœur des débats sur l’indépendance réelle et l’autorité de l’État en RDC.

Les rencontres furent peu nombreuses, mais décisives. Ngoy Kasanji dit avoir vu Laurent-Désiré Kabila à deux reprises. La première, lorsqu’il conduit une délégation de la Fédération congolaise de l’or et du diamant. La seconde, à Lubumbashi, pour un dossier sensible : la saisie jugée illégale d’un diamant de 265 carats dont il revendiquait la propriété.

De ces échanges, Kasanji retient un homme « profondément attaché au pays », porteur d’une vision claire. Changer les mentalités, combattre la corruption et les détournements de fonds publics, faire du Congo un État réellement indépendant, capable de jouir de ses propres richesses. Un discours qui, selon lui, prenait chair dans les décisions.

La monnaie comme acte politique

L’un des souvenirs les plus marquants reste le lancement du franc congolais. « Quand il nous parle du pays, chacun de nous a versé des larmes », raconte Kasanji. L’émotion, dit-il, n’était pas feinte. Elle scella un engagement : accepter et promouvoir la nouvelle monnaie au Kasaï, là où le « nouveau Zaïre » de Mobutu avait été refusé. La monnaie, chez Kabila, n’était pas qu’un instrument économique ; elle devenait un acte de souveraineté.

Rupture avec les pratiques du passé

La seconde rencontre est plus directe encore. Auditionné sur l’origine de son diamant saisi, Kasanji dit avoir entendu cette phrase : ils n’ont pas « chassé la dictature pour reproduire les mêmes antivaleurs ». L’ordre tombe : restituer la pierre. Instruction donnée au gouverneur Masangu de la Banque centrale, exécutée dès le retour à Kinshasa. Pour le témoin, le geste illustre une ligne : droit de propriété respecté, abus sanctionné.

Au-delà des anecdotes, Kasanji égrène ce qu’il considère comme les piliers du « nationalisme incarné » de Kabila : l’autoprise en charge, le patriotisme, la rupture avec les passés médiocres, la vision d’un grand Congo fondé sur ses richesses, le service national, les renseignements de proximité – les « Tchiembe Tchiembe » –, l’ordre et la discipline.

Une pensée pieuse conclut le témoignage. Vingt-cinq ans après sa disparition, Laurent-Désiré Kabila demeure, pour ses partisans, un « soldat du peuple ». Une figure dont la mémoire continue d’interroger le présent politique congolais.

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