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8 février, 2026 - 07:00:40
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Kananga : chronique d’une journée de chaos entre paralysie, violences et tirs sporadiques

Le visage de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central s’est brutalement durci mardi 20 janvier. Ce qui devait être une simple suspension du transport urbain s’est mué en une journée de paralysie quasi totale, rythmée par des violences ciblées, des affrontements avec les forces de l’ordre et des tirs sporadiques. À la tombée de la nuit, la capitale du Kasaï-Central est retombée dans un calme précaire, chargé d’inquiétude.

La tension couvait depuis plusieurs semaines. Au centre de la contestation : le général Mike Mangnat Kabeya, commissaire provincial de la Police nationale congolaise. Les motards, acteurs centraux de l’économie urbaine locale, exigent son départ immédiat. En cause, disent-ils, l’implication de nouvelles recrues et de gendarmes dans les contrôles routiers, une pratique perçue comme une rupture avec les usages établis.

Les revendications sont précises. Les transporteurs réclament le retour à une gestion exclusive du trafic par la Police de circulation routière (PCR). Ils accusent les autres unités de « perceptions illégales » et d’« arrestations arbitraires », nourrissant un sentiment d’humiliation et d’asphyxie économique.

Si la marche initialement annoncée a été annulée, le mot d’ordre de boycott, lui, a été appliqué avec une rigueur implacable. Dès les premières heures de la matinée, des groupes de motards ont sillonné la ville pour s’assurer qu’aucun de leurs collègues ne transportait de passagers. Ceux qui ont bravé l’interdiction ont été violemment pris à partie. Des passages à tabac ont été signalés dans plusieurs quartiers.

Une ville figée sous tension

L’intervention des forces de sécurité pour lever les blocages a fait basculer la situation. Des témoins font état de tirs sporadiques, entendus à différents points de la ville, provoquant un mouvement de panique généralisé. La psychose s’est installée. Kananga s’est figée.

Toute la matinée, la ville a pris des allures de cité fantôme. Écoles désertées, bureaux fermés, commerces à l’arrêt. La population, craignant les balles perdues ou les agressions, a préféré se cloîtrer. Seuls quelques piétons pressés et de rares véhicules officiels ont circulé sur des avenues habituellement saturées de motos, véritable poumon économique de la cité.

En fin d’après-midi, une décrue de la tension a été observée. Mais le calme reste trompeur. L’absence persistante des motocyclettes à la tombée de la nuit témoigne de l’efficacité du mot d’ordre syndical et, surtout, de la profondeur de la fracture entre les transporteurs et l’autorité policière.

À l’heure où nous mettions sous presse, aucun bilan officiel des blessés n’avait encore été communiqué par les autorités provinciales. À Kananga, la journée de chaos a laissé derrière elle plus de questions que de réponses.

Stony Mulumba, Correspondant à Kananga

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