Le verrou institutionnel a sauté. Dans une correspondance rendue publique mardi 20 janvier 2026, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a officiellement saisi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin d’organiser les élections du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru. Dans ce courrier, le VPM invoque expressément l’autorité de la haute hiérarchie de l’État et se réfère à « l’arrêt n° R. Const 2520 […] rendu par la Cour constitutionnelle en date du 24 octobre 2025 ». Un arrêt décisif, qui a confirmé la déchéance du gouverneur du Sankuru, telle que votée en mai 2025 par l’Assemblée provinciale du Sankuru.
En filigrane, la démarche du ministère de l’Intérieur vise à solder une séquence de vacance du pouvoir exécutif provincial devenue politiquement sensible. La confirmation judiciaire de la déchéance ayant épuisé toute contestation, l’argument juridique est clos. Reste l’impératif institutionnel : doter la province d’un nouvel exécutif élu, conformément aux textes en vigueur.
La balle est désormais dans le camp de la CENI, appelée à enclencher le calendrier électoral et à encadrer le processus. Pour Kinshasa, il s’agit moins d’un simple acte administratif que d’un message politique : aucune province ne peut durablement rester en marge du fonctionnement normal des institutions.
En ouvrant la voie à ces élections, le gouvernement central affirme sa volonté de restaurer la légitimité provinciale par les urnes, dans un contexte national où la stabilité institutionnelle est érigée en priorité stratégique. Le Sankuru, longtemps englué dans l’incertitude, est sommé de tourner la page.
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