Loin de Kinshasa, mais déjà tourné vers elle, le rendez-vous d’Alger a pris des allures d’étape stratégique pour la République démocratique du Congo. En participant, jeudi 22 janvier, à la 19ᵉ réunion du Bureau exécutif de la Conférence des juridictions constitutionnelles d’Afrique (CJCA), Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle et premier vice-président de l’organisation, a inscrit la RDC au cœur des débats sur l’État de droit et la coopération judiciaire continentale. Au-delà du bilan annuel, le magistrat a surtout projeté ses pairs vers 2026, année où Kinshasa accueillera le 8ᵉ Congrès de la CJCA. Un rendez-vous que les autorités présentent comme un test institutionnel et diplomatique majeur : démontrer la solidité de ses institutions, affirmer son leadership juridique et offrir à la capitale congolaise une vitrine continentale mêlant réflexion constitutionnelle et rayonnement culturel.
La scène se joue loin de Kinshasa, mais l’enjeu est bien congolais. Jeudi 22 janvier, Dieudonné Kamuleta Badibanga a pris part aux travaux de la 19ᵉ réunion du Bureau exécutif de la Conférence des juridictions constitutionnelles d’Afrique (CJCA), organisée dans la capitale algérienne.
Le président de la Cour constitutionnelle de la RDC y siégeait en qualité de premier vice-président de l’organisation panafricaine, qui regroupe les hautes juridictions constitutionnelles du continent. Autour de la table : bilans, évaluations et arbitrages. Les membres ont passé en revue les activités menées en 2025 avant d’arrêter les priorités pour 2026.
Mais au-delà de l’ordre du jour administratif, l’intervention congolaise a porté un message plus large.
Dieudonné Kamuleta a insisté sur le rôle « stratégique » de la CJCA dans la consolidation de l’État de droit et le renforcement de la coopération judiciaire africaine. Une manière de rappeler que ces rencontres dépassent le simple échange technique : elles façonnent la doctrine constitutionnelle du continent et influencent la stabilité institutionnelle des États.
Kinshasa en ligne de mire
Le magistrat congolais est surtout revenu sur une échéance clé : le 8ᵉ Congrès de la CJCA, que la République démocratique du Congo accueillera en 2026.
Devant ses homologues, il a présenté l’état d’avancement des préparatifs, assurant que « toutes les institutions de l’État », notamment le pouvoir judiciaire et le gouvernement, sont mobilisées. Objectif affiché : garantir une organisation à la hauteur de l’événement.
Pour Kinshasa, l’enjeu est double. Juridique d’abord : démontrer la capacité de la RDC à abriter un grand rendez-vous scientifique du constitutionnalisme africain. Diplomatique ensuite : soigner son image internationale à travers une vitrine institutionnelle et culturelle.
Le président de la Cour constitutionnelle a ainsi défendu l’idée d’un congrès qui ne se limite pas aux travaux académiques. Des activités culturelles et protocolaires sont prévues en marge des sessions, afin de mettre en avant « l’hospitalité » et la diversité culturelle du pays.
À l’issue de son intervention, Dieudonné Kamuleta a donné rendez-vous aux membres de la CJCA en octobre 2026 à Kinshasa, une date qui coïncidera avec la rentrée judiciaire 2026-2027 de la Cour constitutionnelle. Les participants sont ainsi conviés à une double séquence : un sommet juridique continental et une démonstration de présence institutionnelle congolaise.
Dans un contexte africain marqué par des tensions politiques récurrentes et des débats sur la solidité des institutions, la bataille du droit constitutionnel devient aussi une bataille d’influence. Et sur ce terrain, la RDC entend désormais jouer au premier plan.
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