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17 avril, 2026 - 17:31:00
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Investissements : Judith Suminwa attire le géant chinois LiuGong pour industrialiser la RDC

En recevant à la Primature le groupe chinois LiuGong, l’un des leaders mondiaux des engins de construction, Judith Suminwa confirme l’offensive économique engagée par Kinshasa pour capter des investissements industriels lourds. Assemblage local, transfert de technologie, formation, implantation en régions : le projet dépasse la simple importation de machines. Il traduit une ambition politique assumée, celle de faire basculer la RDC d’un modèle extractif vers une économie productive. À l’heure où la concurrence africaine s’intensifie pour attirer les capitaux, le gouvernement veut prouver que le pays peut devenir une base industrielle crédible, créatrice d’emplois et de savoir-faire.

Ce n’est pas une signature de plus sur un registre diplomatique. C’est un pari industriel.

Jeudi 22 janvier, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu à Kinshasa une délégation de LiuGong, mastodonte chinois des équipements de construction. À ses côtés, le ministre des Infrastructures, John Banza, et le vice-président du groupe, Tao Deng. Sur la table : les modalités concrètes d’une implantation en République démocratique du Congo.

Le message est clair. Kinshasa ne veut plus seulement acheter des machines. Elle veut les produire.

La rencontre s’inscrit dans la stratégie du gouvernement : assainir le climat des affaires, attirer des investissements structurants, ancrer des industries sur le territoire. Après des années d’économie dominée par l’extraction brute, l’exécutif cherche des partenaires capables de créer de la valeur localement.

Selon John Banza, le contact remonte à une mission en Chine en novembre. « Quelques mois après, ils sont venus discuter des modalités pratiques de leur installation », souligne-t-il. Signe d’un intérêt jugé sérieux.

Du commerce à la production

LiuGong ne se limiterait pas à la vente d’engins. Le groupe évoque un transfert de compétences, des formations techniques, des bourses d’études pour des ingénieurs congolais. L’objectif affiché : installer des unités d’assemblage, de maintenance, puis, à terme, de production. Un changement d’échelle.

« L’objectif est d’avoir un Made in DRC dans le domaine des équipements lourds », résume le ministre. Autrement dit : fabriquer sur place ce que le pays importait hier.

Plusieurs sites sont envisagés au-delà de Kinshasa — Kisangani, Bukavu, Lubumbashi, Kananga — pour éviter une concentration exclusive dans la capitale. Une logique d’aménagement du territoire autant qu’économique.

L’enjeu dépasse l’infrastructure. Il touche à l’emploi, à la qualification de la main-d’œuvre, à la souveraineté technologique. Dans un pays engagé dans d’immenses chantiers routiers, miniers et énergétiques, maîtriser ses équipements devient stratégique.

Reste l’essentiel : transformer l’essai. L’attractivité ne se décrète pas. Elle se construit par la stabilité, la sécurité juridique et la transparence.

Mais le signal politique est posé. En attirant un acteur industriel mondial, Judith Suminwa cherche à crédibiliser une promesse : faire de la RDC non plus un simple marché, mais une base productive.

Moins dépendre. Plus fabriquer. C’est là que se joue la vraie rupture économique.

Infos27

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