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Kinshasa
3 juin, 2026 - 08:03:19
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Uvira : le gouvernement serre la vis sécuritaire pour rétablir l’autorité de l’État

Ce n’est plus un simple diagnostic, mais une reprise en main. À Uvira, devenue chef-lieu provisoire du Sud-Kivu dans un contexte de crise persistante, le gouvernement congolais veut restaurer sans détour la présence et l’autorité de l’État. Réunis autour du vice-Premier ministre de l’Intérieur, experts sécuritaires et responsables publics passent au crible les failles du dispositif, sur fond de retrait jugé ambigu des rebelles de l’AFC/M23. Kinshasa redoute une recomposition clandestine des groupes armés et refuse toute délégation de sa souveraineté sécuritaire. Derrière cet atelier, un message politique clair : la sécurité des Congolais ne se sous-traite pas. Elle s’assume, pleinement, par l’État.

Jeudi, le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a ouvert un atelier national consacré à la restauration de l’autorité de l’État dans l’Est de la République démocratique du Congo. Deux jours de travaux. Autour de la table, services de sécurité, experts et institutions publiques. Une priorité : reprendre le contrôle.

La ville, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, cristallise les tensions. Retrait annoncé des rebelles de l’AFC/M23. Accalmie relative sur le terrain. Mais, à Kinshasa, personne ne parle de victoire.

Les autorités évoquent un départ « trompeur ». Certains combattants, affirment-elles, auraient troqué l’uniforme pour des habits civils. Objectif présumé : se fondre dans la population, maintenir la pression, poursuivre les exactions.

Le risque est connu. Une insécurité diffuse. Invisible. Plus difficile à contenir. La souveraineté ne se délègue pas

Dans ce contexte, le gouvernement refuse toute dilution de responsabilité. Des tentatives attribuées aux rebelles auraient visé à confier la gestion sécuritaire de la ville à des organisations internationales. Fin de non-recevoir.

La sécurisation « relève exclusivement de la souveraineté de l’État congolais », a rappelé le vice-premier ministre. Message sans ambiguïté. L’ordre public ne s’externalise pas.

Derrière la formule, une ligne politique ferme : restaurer la chaîne de commandement, réaffirmer l’autorité administrative, remettre les forces nationales au centre du dispositif. Pas seulement contenir la menace. Réoccuper le terrain.

Les travaux doivent déboucher sur une feuille de route précise. Cartographie des risques. Redéploiement des services. Coordination renforcée. L’objectif est clair : transformer une présence théorique en contrôle effectif.

Car à l’Est, chaque vide appelle un substitut. Milices, groupes armés, influences étrangères. Là où l’État recule, d’autres avancent.

Kinshasa veut inverser la logique. Revenir. S’imposer. Stabiliser.

À Uvira, l’enjeu dépasse la ville. C’est un test d’autorité. Et un signal politique : la sécurité nationale ne se négocie pas. Elle se rétablit. Par l’État. Et par lui seul.

Infos27

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