79.18 F
Kinshasa
13 mai, 2026 - 01:27:10
Image default
Flash InfosLa unePolitique

Éric Tshikuma dénonce « l’économie de prédation » de l’AFC-M23 qui étouffe les PME de Goma et Bukavu

La guerre dans l’Est ne détruit pas seulement des villages, elle démantèle aussi l’économie locale. À Kinshasa, lors de la Journée de mémoire consacrée aux victimes des violences dans les zones occupées, le député national Éric Tshikuma Mwimbayi a alerté sur « l’asphyxie » des petites et moyennes entreprises de Goma et Bukavu, soumises à des monopoles commerciaux et à des prélèvements imposés par l’AFC-M23. S’appuyant sur des missions parlementaires menées au Nord-Kivu, l’élu de Kinshasa et membre de la commission Ecofin appelle le gouvernement à préparer un plan de restauration économique pour soutenir le tissu productif dès le rétablissement de l’autorité de l’État. Une dénonciation qui s’inscrit dans une mobilisation politique plus large faisant de la mémoire des victimes un levier de souveraineté nationale.

Mardi 27 janvier, le gouvernement congolais a organisé la « Journée de mémoire de Bunagana à Uvira », présentée non comme une simple commémoration, mais comme un acte politique. Autour de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, plusieurs membres du gouvernement : Patrick Muyaya (Communication), Daniel Mukoko (Économie nationale), Julien Paluku (Commerce extérieur), Guillaume Ngefa (Justice) ainsi que des parlementaires et des représentants de la société civile ont débattu des conséquences humanitaires, économiques et diplomatiques de la guerre.

Parmi les intervenants, le député national Éric Tshikuma Mwimbayi a particulièrement insisté sur la dimension économique du conflit.

« Une véritable asphyxie des PME »

Membre de la commission économique et financière (Ecofin) de l’Assemblée nationale, l’élu a livré un constat sévère sur la situation dans les principales villes sous pression rebelle, notamment Goma et Bukavu.

Selon lui, l’AFC-M23 y aurait instauré un système de contrôle des circuits commerciaux qui marginalise les opérateurs locaux.

« Pour les Petites et moyennes entreprises dans les zones sous occupation, c’est une véritable asphyxie. Le système de monopole instauré par les occupants étouffe les PME qui fonctionnaient auparavant », a-t-il déclaré.

S’appuyant sur une mission parlementaire effectuée à Beni et Butembo, il affirme que plusieurs témoignages évoquent des prélèvements obligatoires et une concentration des activités d’importation entre les mains de proches des responsables rebelles.

« Actuellement, ce monopole est contrôlé par des proches des leaders. C’est un secret de Polichinelle : l’épouse de Sultani Makenga gère les importations de certains produits alimentaires et même du carburant. Paradoxalement, ce sont les PME qui supportent des impôts perçus par le prédateur et envoyés au Rwanda. Il est donc important de comprendre que nous décrivons une forme de prédation », a-t-il ajouté.

Préparer la relance économique

Au-delà de la dénonciation, le député appelle à une réponse institutionnelle.

Il plaide pour la mise en œuvre d’un plan de restauration, de restructuration et de développement de l’économie locale afin de soutenir les entrepreneurs dès le retour de la sécurité.

« Dès que la paix sera rétablie et l’autorité de l’État restaurée, ce plan sera appliqué. Au niveau du Parlement, nous assurerons le suivi nécessaire pour que les populations de l’Est puissent bénéficier de ces efforts », a-t-il assuré.

Il a également évoqué la nécessité de poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ce qu’il qualifie de « système de pillage organisé ».

Une lecture économique partagée

Les propos d’Éric Tshikuma font écho à ceux d’autres membres du gouvernement présents au panel.

Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de « refuser l’oubli » et de placer les victimes au centre des politiques publiques. Julien Paluku a dénoncé « une stratégie de destruction du capital humain et du tissu économique », tandis que Daniel Mukoko a rappelé le poids économique du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, représentant jusqu’à 15 % du PIB national.

Tous convergent sur un point : la guerre est aussi économique.

Et pour Éric Tshikuma, la reconstruction passera d’abord par la survie des PME.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus