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19 avril, 2026 - 17:41:23
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Devant l’APF à Podgorica, Aimé Boji Sangara met en cause Kigali pour le pillage des minerais et l’entretien de la guerre

D’emblée, le ton s’est voulu grave et sans détour. Devant les parlementaires francophones réunis au Monténégro, le président de l’Assemblée nationale congolaise, Aimé Boji Sangara, a dénoncé le lien direct entre la poursuite des violences dans l’Est de la RDC et l’exploitation illégale des minerais. Chiffres à l’appui, il a évoqué plus de sept millions de déplacés et pointé la responsabilité du Rwanda, accusé d’exporter des ressources issues des zones de conflit. Un appel pressant a été lancé à la Francophonie pour agir sur les chaînes d’approvisionnement et tarir le financement de la guerre.

La tribune internationale a servi de caisse de résonance à l’alerte congolaise. En marge de la réunion du Bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie au Monténégro, Aimé Boji Sangara a dressé un constat sévère de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Face aux délégués francophones, le président de la chambre basse du Parlement congolais a décrit une crise qui s’enlise malgré les initiatives diplomatiques et militaires engagées ces dernières années. « Les violences se poursuivent », a-t-il rappelé, évoquant « massacres, viols et déplacements forcés » qui continuent de frapper les populations civiles.

Selon lui, plus de sept millions de Congolais vivent aujourd’hui déplacés à l’intérieur du pays, tandis que d’importants flux de réfugiés gagnent les États voisins, donnant au conflit une portée régionale.

Le nerf de la guerre : les minerais

Au cœur de son intervention, Aimé Boji Sangara a établi un lien direct entre l’exploitation illicite des ressources naturelles et la persistance de l’instabilité armée.

Il a accusé Kigali de tirer profit du commerce de minerais stratégiques issus des zones de conflit : « Le pillage des minerais congolais alimente directement la guerre et prolonge la souffrance des populations. »

L’élu a souligné que le Rwanda, « pourtant dépourvu de gisements significatifs », exporterait massivement des ressources provenant de l’Est congolais, une situation qu’il considère comme l’un des principaux moteurs économiques des groupes armés.

Appel à des mesures concrètes

Au-delà du constat, le responsable congolais a exhorté les parlementaires francophones à dépasser les déclarations de principe.

Il a plaidé pour un renforcement de la traçabilité et de la transparence des chaînes d’approvisionnement des minerais issus des zones de conflit, estimant que ce levier pourrait « tarir les sources de financement de la guerre ».

« Nous avons besoin d’actions concrètes, pas seulement de solidarité verbale », a-t-il insisté, appelant l’APF à traduire ses engagements en dispositifs de contrôle et de régulation plus contraignants.

Une solution politique privilégiée

Tout en dénonçant les exactions, Aimé Boji Sangara a réaffirmé l’attachement de Kinshasa à une issue pacifique. Il a invité l’Assemblée parlementaire à accompagner les efforts diplomatiques et institutionnels engagés par les autorités congolaises.

Il a notamment cité l’action du président Félix Tshisekedi, saluant « les multiples initiatives entreprises pour parvenir à une stabilisation totale et définitive de l’Est ».

En s’exprimant depuis la scène francophone, le responsable congolais cherchait aussi à internationaliser le débat : replacer la question sécuritaire dans une perspective économique et responsabiliser les partenaires commerciaux.

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