La coopération climatique franco-congolaise prend un tour plus concret. En déplacement à Kinshasa, la ministre française déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, a réaffirmé l’engagement de Paris en faveur de la préservation des forêts du bassin du Congo, tout en plaidant pour une meilleure rémunération des services environnementaux rendus par la République démocratique du Congo. Un message qui place la protection de la deuxième forêt tropicale du monde au cœur des stratégies de développement et de financement international.
La diplomatie environnementale s’invite au premier plan des relations entre Paris et Kinshasa. Lundi 2 février, au terme d’un entretien avec Marie Nyange, ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, la ministre française déléguée auprès de l’Europe et des Affaires étrangères, Éléonore Caroit, a salué une rencontre « très productive » centrée sur la préservation des forêts du bassin du Congo.
« Nous avons eu un entretien très productif avec Madame la ministre de l’Environnement sur la préservation des forêts du bassin du Congo. La France est très engagée dans les politiques de développement et de protection de l’environnement dans le milieu forestier et est convaincue de la nécessité d’avoir une approche globale », a-t-elle déclaré à l’issue des échanges.
Deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, le bassin du Congo constitue un enjeu stratégique pour la régulation du climat mondial. Sa protection est régulièrement présentée par Kinshasa comme un impératif écologique, mais aussi comme un levier économique nécessitant des financements internationaux accrus.
L’environnement comme moteur de développement
La responsable française a insisté sur l’articulation entre croissance et conservation, estimant que le développement des pays forestiers ne peut se faire au détriment de leurs écosystèmes. « Le développement d’un pays tourne autour de cette préservation de l’environnement et de la juste rémunération des services environnementaux qui sont rendus par des pays notamment comme la RDC », a-t-elle ajouté.
Cette notion de « services environnementaux » : stockage du carbone, biodiversité, régulation hydrique, renvoie aux mécanismes de compensation financière que réclament de longue date les autorités congolaises, qui jugent insuffisantes les retombées économiques de la protection de leurs vastes massifs forestiers.
Une coopération à consolider
Si aucun accord formel n’a été annoncé à l’issue de la rencontre, les deux parties ont mis en avant la nécessité de renforcer la coopération technique et financière autour des politiques de gestion durable des forêts, de lutte contre la déforestation et d’adaptation au changement climatique.
À Kinshasa, la visite d’Éléonore Caroit s’inscrit dans un contexte où la RDC cherche à positionner le bassin du Congo comme un acteur central des négociations climatiques internationales. Pour Paris, il s’agit également de consolider un partenariat stratégique avec l’un des principaux pays forestiers du continent.
Au-delà des déclarations, l’enjeu reste désormais de traduire ces engagements politiques en mécanismes concrets de financement, condition essentielle pour préserver durablement l’un des derniers grands réservoirs écologiques de la planète.
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