Les signaux sont contrastés mais la tendance reste dominée par les métaux stratégiques. Selon les mercuriales publiées par le Ministère du Commerce extérieur, les prix à l’exportation de la RDC progressent nettement pour le cobalt, l’or, l’étain, le nickel ou encore le zinc, tandis que le cacao et le cuivre accusent un repli. Les produits agricoles affichent pour la plupart une stabilité. Entre pression des marchés internationaux et rôle croissant des minerais critiques, ces variations confirment la dépendance persistante du commerce extérieur congolais aux matières premières, tout en révélant quelques signaux favorables pour les filières de valeur.
Les cours des principales matières premières exportées par la République démocratique du Congo évoluent en ordre dispersé. Dans ses dernières mercuriales couvrant la période du 2 au 7 février 2026, le Ministère du Commerce extérieur, à travers sa cellule de communication et presse, dresse un tableau marqué par la solidité des minerais stratégiques et la stabilité de la plupart des produits agricoles.
Métaux : dynamique haussière confirmée
Le cobalt poursuit sa progression, passant de 55 577 à 55 582 dollars la tonne. Même orientation pour l’or, dont le gramme évolue de 153,29 à 163,31 dollars, porté par la demande internationale pour les valeurs refuges.
L’étain affiche également une hausse notable, de 52 383 à 54 128 dollars la tonne. Le tantale, le germanium, le nickel, le zinc, le niobium et le concentré de tungstène suivent la même trajectoire, confirmant l’intérêt croissant pour les minerais dits « critiques », essentiels aux industries électroniques, énergétiques et technologiques.
Les lingots d’aluminium et les batteries usées destinées au recyclage enregistrent eux aussi des gains, traduisant un marché des métaux secondaires en expansion.
Repli pour le cuivre et le cacao
À contre-courant, deux produits majeurs marquent le pas.
Le cuivre recule de 13 031 à 12 943 dollars la tonne, tandis que le cacao passe de 4,65 à 4,13 dollars le kilo.
Ces baisses interviennent dans un contexte de volatilité des marchés agricoles et de ralentissement de certaines filières industrielles, susceptibles d’influer sur la demande.
Agriculture : stabilité généralisée
Côté produits agricoles et forestiers, les prix demeurent globalement stables.
Le café robusta progresse légèrement (3,96 à 4,10 $/kg) et l’arabica reste orienté à la hausse (6,47 à 6,55 $/kg).
En revanche, le soja (1,75 $/kg), le caoutchouc (0,95 $/kg), le sésame (2,87 $/kg), l’huile de palme (1,30 $/litre), le thé (1,12 $/kg) ainsi que plusieurs produits forestiers comme les écorces de quinquina ou la poudre de totaquina se maintiennent à des niveaux constants.
Même stabilité observée pour les épices fraîches — piments de Cayenne, piments africains et bec d’oiseau —, signe d’un marché agricole peu exposé aux fortes fluctuations internationales à court terme.
Une économie toujours tirée par les minerais
Au total, ces mercuriales confirment une réalité bien connue : la balance commerciale congolaise demeure largement dépendante de la performance des ressources minières.
Si la bonne tenue des métaux stratégiques offre des perspectives favorables en recettes d’exportation, la faiblesse du cacao et du cuivre rappelle la sensibilité du pays aux cycles mondiaux des matières premières.
Dans ce paysage contrasté, la diversification des filières agricoles et la transformation locale des produits apparaissent plus que jamais comme des leviers clés pour stabiliser les revenus et réduire la vulnérabilité extérieure.
Infos27

