La paix d’abord, les discussions ensuite. Face à la persistance des combats dans l’est de la RDC, Denis Mukwege trace une ligne claire : aucun dialogue politique ne peut être crédible tant que l’intégrité territoriale du pays demeure menacée. Intervenant sur la chaîne allemande DW, le prix Nobel de la paix a appelé à la cessation immédiate de « l’agression rwandaise » et à la restauration de la souveraineté nationale comme préalable incontournable. Pour le gynécologue devenu figure morale et politique, négocier sous la contrainte des armes reviendrait à légitimer la violence. Justice, vérité et sécurité doivent, selon lui, fonder toute réconciliation durable. Une position ferme qui relance le débat sur le calendrier et les conditions d’un dialogue intercongolais.
Le message est sans ambiguïté. Pour Denis Mukwege, la priorité absolue reste la fin des violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo.
Invité de la chaîne allemande Deutsche Welle, le prix Nobel de la paix a estimé qu’aucun dialogue politique sérieux ne pouvait être envisagé tant que le pays fait face à ce qu’il qualifie d’« agression rwandaise ».
« Aujourd’hui, la priorité pour moi c’est la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et la paix en RDC », a-t-il déclaré.
Pas de négociation sous la pression des armes
Ancien candidat à la présidentielle et figure morale reconnue pour son combat en faveur des victimes de violences sexuelles, le médecin insiste sur l’ordre des priorités.
Selon lui, un dialogue organisé dans un contexte d’occupation ou d’instabilité sécuritaire risquerait d’être biaisé.
« Le Congo a été agressé et cette agression doit cesser », a-t-il martelé.
Avant de préciser : « La deuxième phase devait être de se mettre ensemble pour parler, une fois la paix rétablie. »
Pour Mukwege, discuter alors que les combats persistent reviendrait à négocier sous contrainte, au détriment de la souveraineté nationale.
Justice et paix indissociables
Au-delà du cessez-le-feu, l’ancien praticien de l’Hôpital de Panzi défend une approche plus large, incluant la lutte contre l’impunité.
« On ne bâtit pas la paix sur des fosses communes, ni dans l’impunité. Sans justice, il n’y a pas de paix », a-t-il affirmé.
Un rappel constant chez celui qui plaide depuis des années pour la reconnaissance des crimes commis dans les zones de conflit et pour la poursuite des responsables.
Trente ans de crise dénoncés
Denis Mukwege s’est également dit exaspéré par la durée du conflit.
« Ça fait 30 ans que tous nos projets ont été arrêtés, 30 ans de souffrance », a-t-il lancé, évoquant une génération entière sacrifiée par l’instabilité chronique.
Ses propos interviennent alors que plusieurs voix politiques appellent à un dialogue intercongolais pour sortir de l’impasse sécuritaire.
Pour lui, la séquence doit être inversée : restaurer d’abord la sécurité, ensuite seulement engager la discussion.
Une position ferme, qui replace la question de la souveraineté au cœur du débat national.
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