La perspective d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo se précise à travers une série de consultations menées par le Conseil interreligieux congolais (CIC). Mercredi à Kinshasa, l’archevêque Dodo Israël Kamba a rencontré l’opposant Martin Fayulu pour lui exposer la pertinence de la création d’une commission « Vérité et Réconciliation », présentée comme un préalable à toute démarche de paix durable. Cette initiative, portée par les confessions religieuses, vise à rassembler les forces politiques autour d’un processus de réconciliation nationale dans un contexte marqué par des tensions persistantes. Le CIC insiste sur la nécessité d’impliquer toutes les sensibilités, y compris l’opposition, afin de donner au dialogue une véritable légitimité. Les échanges, qualifiés de constructifs par les protagonistes, témoignent d’une volonté de concertation malgré les divergences politiques, alors que les appels à l’apaisement se multiplient dans le pays.
L’archevêque Dodo Israël Kamba, président du Conseil interreligieux congolais (CIC), a rencontré mercredi 18 février à Kinshasa l’opposant Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) et figure de la plateforme politique Lamuka, dans le cadre des consultations en faveur d’un dialogue national inclusif.
La réunion s’est tenue à Faden House, siège de l’ECiDé, et a porté sur la proposition de mise en place d’une commission « Vérité et Réconciliation », que le CIC considère comme un préalable indispensable à l’organisation d’un dialogue national capable de restaurer la paix en République démocratique du Congo.
Conduite par son président, la délégation interreligieuse comprenait plusieurs membres du CIC. Cette démarche s’inscrit dans une tournée de sensibilisation auprès des partis et regroupements politiques afin de recueillir leurs avis sur ce mécanisme de réconciliation.
« Nous sommes venus à la rencontre du président Martin Fayulu ainsi que de son équipe pour proposer l’initiative que nous avons eue dans le cadre de notre organisation confessionnelle », a déclaré l’archevêque Kamba à l’issue des échanges.
Selon lui, l’opposant a accueilli favorablement la proposition. « Nous avons été très enrichis de ses idées et surtout de son sens patriotique. Il nous a encouragés en même temps, et nous lui avons laissé quelques éléments qu’il prendra soin d’étudier et de mettre par écrit », a-t-il indiqué.
Pour le responsable religieux, la participation de la plateforme Lamuka est essentielle à la réussite du processus. « La contribution de Lamuka, à ce jour, est indispensable pour pouvoir apporter la paix dans le pays, chose que nous voulons tous », a-t-il affirmé.
Les discussions, qui ont duré près de deux heures, ont également abordé les tensions politiques récentes, notamment les incidents survenus le 16 février au siège de l’ECiDé sur l’avenue Enseignement. L’archevêque Kamba a déploré ces événements, appelant à davantage de tolérance dans le débat public. « Il faut qu’il y ait de la tolérance et un peu de hauteur dans la manière d’appréhender et de comprendre les choses », a-t-il déclaré, se disant confiant quant à un apaisement.
Cette rencontre s’inscrit dans une série d’entretiens menés par le CIC avec différents acteurs politiques. La semaine précédente, la délégation avait notamment échangé avec le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, ainsi qu’avec les opposants Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga.
À travers ces consultations, le Conseil interreligieux congolais entend favoriser un climat de confiance entre les différentes forces politiques et poser les bases d’un processus de réconciliation nationale susceptible d’ouvrir la voie à un dialogue inclusif.
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