Relancer le débat constitutionnel par la voie directe du peuple. À l’occasion du 20e anniversaire de la Constitution de 2006, le député national Willy Mishiki a appelé à l’application de l’article 5 pour permettre au « souverain primaire » de se prononcer par référendum sur l’avenir du texte fondamental. Estimant que le contexte de son adoption marqué par la fin des conflits armés est désormais dépassé, l’élu considère qu’une initiative populaire pourrait ouvrir la voie à une révision, y compris sur des dispositions réputées verrouillées. Cette prise de position intervient dans un climat politique sensible, où la question constitutionnelle ravive les tensions entre partisans d’une adaptation du cadre institutionnel et défenseurs du statu quo. Sans détailler les modifications souhaitées, Willy Mishiki insiste sur la primauté du peuple dans toute évolution du pacte constitutionnel, relançant un débat récurrent sur la légitimité, les limites et les modalités d’une éventuelle réforme.
Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise s’invite de nouveau dans l’espace public. À l’occasion du 20e anniversaire du texte adopté en 2006, le député national Willy Mishiki a plaidé pour une initiative populaire visant à revisiter la Loi fondamentale par voie référendaire.
« Ça fait 20 ans que nous avons cette Constitution. Le contexte de son adoption est dépassé. C’était le contexte de belligérance qui est dépassé », a-t-il déclaré, estimant que les conditions politiques et sécuritaires ayant présidé à sa promulgation ne correspondent plus aux réalités actuelles du pays.
L’élu de Walikale (Nord-Kivu) s’appuie sur l’article 5 de la Constitution, qui consacre la souveraineté du peuple, pour défendre une consultation directe des citoyens. « L’article 5 de la Constitution doit être appliqué. Le souverain primaire doit récupérer son pouvoir par référendum, c’est ça, le droit », a-t-il affirmé, insistant sur la primauté de la volonté populaire dans toute évolution institutionnelle.
Selon lui, l’initiative devrait venir des citoyens eux-mêmes. « C’est au peuple de prendre l’initiative pour exprimer son vœu. C’est lui-même le souverain primaire qui pourra décider même sur les articles verrouillés », a-t-il poursuivi, soulignant que les dispositions réputées intangibles ne se limitent pas à la question du mandat présidentiel.
Cette position intervient alors que la perspective d’une réforme constitutionnelle alimente des débats politiques intenses. Les partisans d’une révision invoquent la nécessité d’adapter les institutions aux réalités contemporaines, tandis que les opposants mettent en garde contre tout affaiblissement des équilibres démocratiques instaurés par la Constitution de 2006.
En appelant à un référendum d’initiative populaire, Willy Mishiki remet au centre du débat la notion de souveraineté directe, dans un pays où les mécanismes de consultation populaire restent rares. Sa proposition, qui ne précise pas les modifications envisagées, relance néanmoins une interrogation majeure : jusqu’où peut aller la volonté populaire dans la révision d’un texte fondamental conçu pour encadrer l’exercice du pouvoir ?
Vingt ans après sa promulgation, la Constitution congolaise demeure ainsi au cœur des tensions entre continuité institutionnelle et aspirations au changement, illustrant la difficulté de concilier stabilité juridique et évolution politique.
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