Malgré des progrès ponctuels, le commerce intra-africain demeure entravé par des coûts de transport parmi les plus élevés au monde, freinant l’industrialisation et la compétitivité des économies du continent. C’est l’un des principaux constats du rapport « Perspectives Afrique – T4 2025 », qui analyse les obstacles structurels pesant sur la circulation des marchandises et les chaînes de valeur régionales. Retards administratifs, infrastructures insuffisantes, prix du carburant et risques sécuritaires continuent de renchérir les échanges, au point de rendre parfois les importations extra-africaines plus avantageuses. Parallèlement, le document met en lumière des signaux encourageants, notamment la modernisation des postes frontières et la digitalisation douanière, tout en dressant des perspectives contrastées pour les matières premières. Stabilisation attendue des prix agricoles, faiblesse prolongée de l’énergie et expansion des métaux critiques dessinent un nouveau paysage économique pour le continent, où les opportunités de transformation industrielle coexistent avec des défis persistants de connectivité et d’intégration.
Les coûts de transport des marchandises en Afrique restent parmi les plus élevés au monde, en raison de multiples facteurs structurels, notamment les prix du carburant, les lenteurs administratives, le déficit d’infrastructures et les risques politiques le long des principaux corridors.
Selon le rapport « Perspectives Afrique – T4 2025 », ces contraintes rendent parfois certaines importations en provenance d’autres continents moins coûteuses que les produits échangés entre pays africains, limitant ainsi la participation des petites et moyennes entreprises au commerce transfrontalier.
Des réformes encourageantes sur certains corridors
Malgré ces obstacles, des avancées sont observées. Les postes frontières à guichet unique le long du Corridor Nord ont permis de réduire significativement les délais de transit, tandis que la mise en place de systèmes douaniers numériques, notamment au Ghana, contribue à limiter les paiements informels.
Cependant, de nombreuses routes secondaires et certains points de passage interrégionaux continuent d’afficher des coûts élevés, ce qui entrave la fluidité des chaînes de valeur régionales. Le rapport identifie trois axes d’action prioritaires et propose une feuille de route progressive à court, moyen et long terme pour améliorer la situation.
Des perspectives contrastées pour les matières premières
Sur le plan des matières premières, les prix agricoles devraient se stabiliser à partir de 2026, avec une légère hausse liée à la demande croissante en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, ainsi qu’à l’essor des biocarburants.
Dans le secteur de l’énergie, les prix devraient rester relativement faibles jusqu’en 2026 en raison d’une offre mondiale de gaz naturel liquéfié supérieure à la demande. En revanche, le secteur des métaux devrait poursuivre sa croissance jusqu’en 2029, soutenu par la demande mondiale en minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique.
Des projets structurants, tels que le gisement de nickel de Kabanga en Tanzanie ou le corridor de Lobito, illustrent cette dynamique et les opportunités de diversification économique pour le continent.
Globalement, la publication met en évidence des perspectives de création de valeur ajoutée dans l’agriculture, l’énergie et les industries extractives, tout en soulignant la nécessité d’améliorer la connectivité et l’intégration régionale pour transformer ces opportunités en croissance durable.
Infos27

