Un document présenté comme « stratégique » par les autorités congolaises vient jeter une lumière crue sur l’ampleur des violences commises dans les zones sous occupation à l’Est de la République démocratique du Congo. Clôturé samedi 21 février 2026 à Kinshasa sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa, l’atelier d’évaluation et de rédaction du rapport sur la situation des droits humains à Goma, Bukavu et leurs environs dresse un bilan particulièrement lourd depuis janvier 2025. Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, évoque plus de 17 000 atteintes à la vie et à l’intégrité physique, des centaines d’enlèvements et de cas de torture, ainsi que des millions de déplacés. Kinshasa attribue ces exactions au Rwanda dans un contexte sécuritaire toujours instable. Pour le gouvernement, ce rapport doit servir d’outil juridique et diplomatique afin de soutenir ses démarches internationales et de porter la voix des victimes. Sa publication intervient alors que la RDC intensifie son plaidoyer pour la reconnaissance des crimes commis dans sa partie orientale.
La cérémonie de clôture de l’atelier d’évaluation et de rédaction du rapport sur la situation des droits humains à Goma, Bukavu et leurs environs s’est tenue samedi 21 février 2026 à Kinshasa, sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’acteurs de la société civile.
Initié par le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, cet atelier s’inscrivait dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’Est du pays. Son objectif était de documenter les violations graves des droits humains commises dans les zones sous occupation depuis un an, notamment dans les villes de Goma et Bukavu ainsi que dans les territoires environnants.
Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a souligné la portée stratégique de ce rapport, qu’elle considère comme déterminant pour la République démocratique du Congo. Selon elle, le document intervient à un moment crucial où le pays intensifie ses démarches pour faire reconnaître les crimes commis dans l’Est. « Ce rapport constitue un outil stratégique et juridique majeur pour étayer les actions diplomatiques et judiciaires engagées par notre pays », a déclaré Judith Suminwa, saluant l’engagement du ministre des Droits humains dans ce processus.
Prenant la parole avant la Première ministre, Samuel Mbemba Kabuya a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation dans les zones concernées. Il a fait état d’au moins 17 015 cas d’atteintes à la vie et à l’intégrité physique, dont 15 769 cas d’atteintes à la vie, 829 enlèvements et 417 cas de torture et autres traitements inhumains. Ces violences auraient également entraîné des déplacements massifs de populations, estimés à plus de sept millions de personnes, internes et externes, ainsi que des destructions de biens civils.
Le ministre a rendu hommage aux défenseurs des droits humains, aux représentants des ministères et aux organisations de la société civile ayant contribué à la rédaction du rapport, saluant « leur courage et leur détermination à documenter les faits malgré les risques ».
La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres d’État en charge de la Formation professionnelle et de l’Éducation nationale, ainsi que le ministre du Genre, Famille et Enfant. Cette mobilisation, selon les organisateurs, traduit la volonté des autorités congolaises de placer la question des droits humains au cœur de l’action publique et de porter la voix des victimes sur la scène nationale et internationale.
Présenté comme un instrument destiné à soutenir les démarches diplomatiques et judiciaires de la RDC, le rapport devrait alimenter le plaidoyer du pays auprès des instances internationales dans un contexte de tensions persistantes dans la région des Grands Lacs.
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