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Kinshasa
31 octobre, 2026 - 11:57:28
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Est de la RDC : Julien Paluku dénonce 20 ans d’« accords de paix pièges » au bénéfice de Kigali

Plus de deux décennies de conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo ont laissé derrière eux un lourd bilan humain, sécuritaire et économique. Entre l’activisme des groupes armés, les massacres attribués notamment aux ADF et les accusations récurrentes d’ingérence du Rwanda, la question de la stratégie de paix adoptée par Kinshasa revient au cœur du débat. Invité d’une émission spéciale consacrée à la journée de mémoire sur la RTNC, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et spécialiste de la conflictualité dans la région des Grands Lacs, a livré une analyse critique des accords de paix signés depuis plus de vingt ans. Selon lui, ces arrangements politiques et militaires ont souvent profité davantage à Kigali qu’à la RDC et ont contribué à fragiliser le système de défense congolais. Pour le ministre, la priorité doit désormais être la construction d’une véritable capacité militaire nationale, capable de dissuader toute nouvelle agression et de mettre fin au cycle des négociations qui, selon lui, ont trop souvent servi de “pièges” stratégiques.

La succession de conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter interrogations et débats sur la stratégie adoptée par Kinshasa depuis plus de deux décennies. Entre l’activisme des groupes rebelles, les massacres attribués aux ADF et les accusations d’ingérence rwandaise, les conséquences sécuritaires et économiques de ces guerres restent lourdes pour le pays.

Invité d’une émission spéciale organisée par la RTNC à l’occasion de la journée de mémoire, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et spécialiste des dynamiques conflictuelles dans la région des Grands Lacs, a livré une analyse critique de la politique des accords de paix signés depuis la fin des années 1990.

Des accords jugés défavorables à la RDC

Selon lui, ces arrangements politiques et militaires ont souvent affaibli la position de la RDC dans la région.

« Nous avons commis beaucoup d’erreurs pendant plus de vingt ans en signant des accords de paix. Ça a été des accords de piège », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, l’examen des principaux textes signés depuis la guerre du Congo – de l’accord de Lusaka à celui du 23 mars 2009 – révèle un déséquilibre structurel.

« Quand vous analysez une vingtaine d’accords signés entre le gouvernement congolais, le RCD à l’époque, le CNDP ou encore le M23, vous vous rendez compte que tous ces accords étaient signés au bénéfice de Kigali », a-t-il soutenu.

Julien Paluku cite notamment l’accord-cadre d’Addis-Abeba signé en 2013, dont il estime qu’il comporte essentiellement des obligations pour la RDC.

« Quand vous lisez cet accord, vous ne voyez nulle part les obligations du Rwanda. Vous voyez surtout celles de la RDC. Tout l’écosystème a été construit pour travailler davantage en faveur du Rwanda que de la République démocratique du Congo », a-t-il affirmé.

La question sensible de l’intégration des groupes armés

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu met également en garde contre les solutions politiques fondées sur le partage du pouvoir ou l’intégration automatique d’anciens rebelles dans l’armée nationale.

« Je déconseille la signature de nouveaux accords basés sur le partage du pouvoir. On va intégrer encore au sein des forces armées des éléments qui seront là pour surveiller la construction de l’armée et la détruire de l’intérieur », a-t-il déclaré.

Il estime que cette stratégie a contribué à fragiliser l’appareil sécuritaire congolais pendant de nombreuses années.

Selon lui, certaines pratiques de déploiement dans l’armée et les services